Religion
en: Religionde: Religionit: Religione
Le terme religion désigne un ensemble de rites, croyances généralement théistesUne religion pourra parfois être perçue comme athée si la conception du divin de ces religions athées est très éloignée du concept de auquel les cultures occidentales sont accoutumées, voire même nient toute forme de nature divine, comme dans certains mouvement spirituels revendiquant leur appartenance à la religion mais parfois qualifiées de sectes par certains états., règles (éthiques ou pratiques) ou dogmes adoptés comme conviction par une société, un groupe ou une personneSelon le sens voulu, il apparaîtra parfois hors sujet de prendre en compte les croyances personnelles.
Selon le contexte, le terme est aussi employé pour désigner l'ensemble des croyants, l'éventuelle institution en découlant ou finalement « la religion » en tant que vue d'ensemble des différentes religions.
La religion est le plus souvent en rapport avec une notion de divinité ou de réalité transcendante.
La religion occupe une place importante dans la culture des sociétés humaines. Les relations réciproques entre religions et composantes de la société sont souvent complexes, voire inextricables.
Par extension, certaines pratiques générant des cultes, des adorations et des dogmes, prennent une valeur de religion et entraînent l'usage d'un vocabulaire religieux, par exemple : « le temple du football ».
En Chine et au Japon, le mot religion est la combinaison de deux sinogrammes :
Il évoque la transmission (kyô/jiào) d'un savoir, d'une tradition, de rites, de légendes constituant une sorte de catéchisme, au sein d'un groupe (shû/zng). Le lien généalogique (lignées maîtres-disciples) qu'implique le sens originel de zng reste important en Chine, où il joue un rôle plus déterminant que la nature exacte de l'idéologie pour le rattachement à une dénomination religieuse. Dans le Zen japonais également, la généalogie religieuse des maîtres est considérée comme une référence importante pour évaluer l'authenticité et la qualité d'une école.
On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances et des cultures d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.
L'étymologie montre que la religion relie l'homme à la divinité, et à ses racines originelles, et à la société où il évolue. Ces dimensions (ainsi que le rapport à la mort, implicitement présent dans les cultes des Lares) se retrouvent effectivement à l'origine des religions. Historiquement, dans les sociétés primitives, il n'y a pas de séparation entre le sacré et la société elle-même : la société n'a pas « une religion », c'est la nature même de la société qui est religieuse, la religion est coextensive à la société, et toutes les activités de l'homme qui prennent un aspect transcendant.Voir notamment Henri Bergson, Les Deux Sources de morale et de la religion
L'évolution des civilisations a progressivement conduit à laïciser la plupart des activités de l'homme (écriture, art, législation, sexualité) qui étaient initialement des actes sacrés. Parallèlement, les questions religieuses se sont marginalisées, et tendent à se spécialiser sur la spiritualité. Mais la religion ne se réduit pas nécessairement pour autant à une spiritualité personnelle et privée et elle peut parfois structurer la société ou influer sur les relations entre individus.
Généralement, les religions cherchent à répondre aux questions essentielles sur le sens de la vie, proposant en particulier des récits mythologiques ou des espérances face à la peur de la mort et à notre ignorance naturelle à propos de l'existence et de l'univers. Elles font presque toutes le récit de la naissance du monde, de la naissance et des actions des dieux dans leurs rapports aux hommes, et évoquent, en des sens variés, l'au-delà, la vie éternelle, la réincarnation, la résurrection, l'immortalité, l'éternité, la fin du monde. Dans les temps modernes, en Occident, à la suite de Descartes, Auguste Comte élabora de même une sorte de culte des morts. Certains y voient une fuite du réel, une expression de la peur, de l'ignorance et de la superstition. Elle serait l'expression organisée d'un besoin de sens de l'être humain et son désir de comprendre et d'expliquer ce pour quoi aucune explication ne semble se présenter. . L'Homme s'intéresse à la façon dont le monde fonctionne, sur la place qu'il occupe dans celui-ci, sur sa raison d'être.
Dans sa tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques, l'une des expressions intellectuelles de l'homme a été une expression religieuse. L'homme implique souvent une ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Ce chapitre religieux pose les questions du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toutes les forces de la nature sont sacralisées. Les religions sont souvent imprégnées de diverses croyances, qui peuvent apparaître comme des superstitions, ou des comportements irrationnels pour un esprit extérieur se voulant cartésien.
La religion structure également le rapport à l'autre, humain ou non. Une autre problématique dont traite la religion en tant que facteur de cohésion sociale est celle du pur et de limpur, et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle trace les contours. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Selon Durkheim, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer et de s'auto-adorer.
Enfin, sur un plan subjectif, les religions sont associées à l'expression d'une "expérience spirituelle" (extase mystique, révélation, éveil) dont on trouve la trace dans la majorité des cultures. Les croyants se fondent sur cette expérience spirituelle pour donner un sens au monde, ou du moins en réfèrent-t-ils au divin pour en saisir le sens (« sens » doit s'entendre dans ses deux significations, à la fois comme herméneutique et comme direction). Ce chapitre de la religion pose la question du rapport à Dieu ou aux dieux.
Les premières sépultures proprement dites font leur apparition au cours du Moustérien (Paléolithique moyen), il y a environ 100 000 ans Maureille, B. Les premières sépultures, Le Pommier / Cité des sciences et de l'industrie, (2004). Elles sont liées à l'Homme de Néandertal en Europe et aux premiers humains anatomiquement modernes au Proche Orient comme l'indiquent les découvertes récentes de la grotte de Skhul.
Au Paléolithique supérieur, le développement de l'art sous ses formes pariétale et mobilière permet de s'interroger sur la signification des thématiques traitées en termes de croyances.l'apparition du phénomène religieux article de Marcel Otte
Les formes religieuses primitives typiques sont l'animisme, le fétichisme, le chamanismele chamanisme une religion introuvable article de Frédéric Laugrand. Ces formes ne constituent pas une religion particulière, on en trouve autant qu'il y a de société qui s'y rattache. Bien que documentées dans la période historique, il n'est pas possible d'assigner une origine historique précise à ces formes de croyance.
Les mythologies remontent souvent à la transition entre préhistoire et période historique, la protohistoire. On peut citer comme exemples de mythologies celles de Sumer, de Babylone, les dieux égyptiens, voire la mythologie grecque
Ces formes perdurent dans les religions ou spiritualité de différentes zones de la planète : chamanisme d'Eurasie (Nord sibérien), religions d'Afrique, d'Amazonie, d'Océanie, d'Amérique, etc. On peut également citer d'autres religions maintenant quasiment disparues, le plus généralement polythéistes, maintenant classées en mythologie ou :Catégorie:Religion de l'Antiquité|religions antiques, originaires principalement d'Eurasie, d'Afrique, ou d'Amérique.
On peut penser que les cultes anciens de notre ère prennent leurs racines dans ces cultes préhistoriques et ces mythologies.
Il existe deux grands berceaux des religions contemporaines sur Terre, qui ont émergé il y a trois à quatre mille ans :
Ces formes de religion ont en commun de fournir une explication à nos grandes questions philosophiques. Elles n'en ont cependant pas l'exclusivité, et ces questions ont été abordées par tous les grands systèmes philosophiques qui émergèrent dans le premier millénaire avant notre ère. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes abordent les mêmes questions sur un plan purement métaphysique, en les détachant de la pratique religieuse.
En Asie, le bouddhisme, le confucianisme, le shintoïsme etc., forment plutôt une philosophie en tant que mode de vie, une spiritualité ou une forme de religion polythéiste.
Toute religion qui possède un grand nombre de croyants, qui connaît une certaine expansion géographique ou qui subsiste depuis longtemps connaît des diversifications qui donnent naissance à de nouvelles manières d'appréhender le corpus existant. Ces nouvelles appréhensions peuvent accoucher de courants qui continuent d'appartenir à la même institution (on peut prendre pour exemple les différentes sensibilités co-existant dans l'église catholique, qui vont de la théologie de la libération à l'Opus Dei) ou créent une nouvelle confession qui, tout en se réclamant des mêmes textes sacrés, en tirent d'autres conséquences (on peut penser au bouddhisme : celui du grand véhicule, celui du petit véhicule et le bouddhisme zen, on peut aussi penser au catholicisme, à l'orthodoxie et au protestantisme pour le christianisme).
Chaque religion peut comporter en son sein plusieurs sous-groupes ou courants. Certains peuvent se voir comme orthodoxes, définissant les autres comme hétérodoxes, voire hérétiques. Lorsqu'un groupe se dissocie profondément de l'ensemble, on parle de schisme. Pour désigner les différents groupes, on utilise parfois le terme dénomination (anglicisme) ou, pour les différents sous-groupes chrétiens, Église. Secte, employé dans un contexte historique, peut aussi désigner un courant, mais dans la France du , il a un sens plus spécifique de groupe restreint aux caractéristiques très marquées, et présente souvent une connotation négative. Quand il y a mélange dinfluences, on parle de syncrétisme.
Pour les ruptures à l'origine de religions modernes, on peut citer par exemple:
Les religions monothéistes ne reconnaissent qu'un seul Dieu : christianisme, islam, judaïsme en sont les exemples les plus typiques. Ces trois religions sont appelées abrahamiques, car elles reconnaissent toutes les trois la figure d'Abraham comme premier patriarche.
Les religions polythéistes reconnaissent plusieurs dieux, différemment liés. L'ensemble polythéiste peut être subdivisé en différents types : hénothéisme, monolâtrie par exemple.
Le panthéisme est une philosophie selon laquelle tout est Dieu.
Les religions révélées sont des religions qui affirment détenir leur connaissance de source divine, soit par des apparitions (théophanies), soit par l'inspiration à des prophètes de textes considérés comme dorigine divine. Les religions abrahamiques en sont un exemple.
Les religions peuvent être fondées sur une orthodoxie (christianisme) ou une orthopraxie (judaïsme, hindouisme).
La présence de certaines croyances ou pratiques (animisme, chamanisme etc..) peut aussi caractériser les religions et permettre un regroupement.
On distingue quelquefois les religions éteintes, les religions actives et les nouvelles religions émergentes. Les premières, également appelées :Catégorie:Religion de l'Antiquité|religions antiques, reparaissent parfois dans la dernière catégorie lorsquelles font l'objet dune tentative de résurrection (néo-druidisme, néo-paganisme).
On peut également regrouper les religions par aires géographiques, qui sont souvent aussi des aires culturelles. La proximité géographique va souvent de pair avec des emprunts et influences mutuelles, voire une communauté de sources. Dans le monde indien, on remarque que l'hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme, sont profondément liées, comme avec le sikhisme, influencé par l'hindouisme et l'islamPour plus de détails, on peut également consulter cette carte des religions dans le monde.
Les statistiques au niveau mondial sont une tâche particulièrement ardue, et la source la plus consultéeWorld Christian Encyclopedia (Oxford University Press), sur laquelle sappuie lEncyclopedia Britannica et en grande partie Adherents.com repose depuis plus de deux décennies sur le travail de David B. Barret et de ses collaborateurs, particulièrement en ce qui concerne le christianisme. Cet ancien missionnaire anglican devenu évangéliste déclare déplorer le manque de concurrence.Brève présentation de D.B.Barrett et de son travail (anglais)
Le croyant qui essaie de communiquer avec ces forces et ces êtres (par une communication fondée sur l'invocation ou l'évocation de l'esprit) peut avoir deux buts:
Ces pratiques sont probablement l'aspect le plus critiqué par le rationalisme, précisément parce qu'on ne peut les soumettre à la critique expérimentale. L'examen critique d'une telle relation peut se comprendre à deux niveaux. D'une part, la réalité du résultat revendiqué peut être contestable: le « miracle » n'a pas eu lieu, les témoignages sont trompeurs (volontairement ou non). D'autre part, le phénomène extraordinaire d'un thaumaturge n'est pas nécessairement une théurgie (dû à l'intervention d'un esprit extérieur), mais peut être la manifestation de pouvoirs occultes qui sont dans la nature de l'homme mais ne sont pas habituellement maîtrisés (approche de l'occultisme moderne).
Les croyants ou fidèles tendent à se réunir pour des cérémonies et célébrations pouvant comporter des rituels et des prières. Les rites adéquats prennent généralement une forme fixée pour le culte, dont l'ensemble constitue une liturgie.
Les différentes religions demandent souvent à leurs fidèles d'être en état de pureté avant de pouvoir faire certains actes, comme prier, présider à une cérémonie religieuse, etc. La définition précise de la pureté et la manière de l'atteindre (par exemple par des ablutions) varie avec la religion.
Les cérémonies ne sont pas nécessairement à caractère religieux; elles continuent à être un facteur de symbolisme et de cohésion sociale y compris dans le domaine profane.
Pratiquement toutes les religions proposent une approche spirituelle de type mystique, c'est-à-dire une « approche expérimentale du divin ». Pour Ignace de Loyola, auteur catholique des Exercices spirituels, il s'agit, « par lexamen de conscience, la méditation, la prière et la contemplation, de chercher et de trouver la volonté de Dieu sur lorganisation de sa vie et le salut de son âme. »Ignace de Loyola, Exercices spirituels, 1548, « Annotations préalables », 1.
Le but de l'exercice spirituel dépend naturellement de la doctrine religieuse au sein de laquelle il est pratiqué, mais ces exercices se retrouvent dans toutes les religions, voire en dehors de tout contexte religieux (comme dans la plupart des branches du yoga): méditations, jeûnes et autres mortifications corporelles, invocations rituelles. Ces exercices ont généralement pour effet de permettre une meilleure maîtrise de l'esprit (et notamment de le libérer des distractions corporelles), et éventuellement, d'atteindre des états de conscience atypiques (État modifié de conscience, transes, extases), parfois avec l'aide de psychotropes (dans des pratiques shamaniques ou magiques, notamment).
Ces exercices spirituels sont par nature des pratiques individuelles: ils répondent à une démarche personnelle, toujours volontaire, et cette voie n'est le plus souvent suivie que par une infime minorité, même dans les sociétés religieuses. Ils sont néanmoins généralement intégrés dans une pratique communautaire, que ce soit à travers les rites qui les accompagnent, ou l'existence d'une vie communautaire spécifique (monachisme) destinée à soutenir la volonté du pratiquant et lui épargner toute distraction par rapport à son but spirituel.
Un symbole permet de transférer le discours ou l'action sur un objet sensible spécialement consacré à cette représentation. Le symbole peut être un objet, une représentation picturale (comme le Mandala dans l'hindouisme ou le bouddhisme) ou un concept (comme le mantra, représentation sonore de la divinité), mais également des actes, constitutifs de la liturgie. Une cosmogonie est une façon d'expliquer le monde et son origine (et par là, son organisation "naturelle"), souvent empreinte de symbolisme. Dans les formes les plus anciennes de la religion, les récits mythologiques sont souvent très fortement symboliques.
Pour les adeptes qui lui accordent une signification religieuse, un symbole prend (par sa nature même) un caractère sacré, et doit être respecté à ce titre (c'est ce qui conduit à la mise en place des tabous dans les sociétés primitives). En effet, l'utilisation d'un symbole religieux en dehors de son contexte religieux propre (donc dans une contexte profane) constitue littéralement une profanation, évènement grave pour le fidèle de la religion, parce qu'il tend à rompre le lien entre le symbole et l'objet spirituel qu'il représente. Une profanation volontaire est généralement considérée comme un blasphème, c'est-à-dire un acte qui manifeste une absence de respect pour le fidèle et sa religion, et appelle des sanctions.
La gravure sacrée de symboles a été à l'origine des hiéroglyphes (étymologiquement / hierós « sacré » et / glúphein « graver »), et finalement de notre écriture. Le symbolisme n'est pas nécessairement religieux pour pouvoir déclencher des passions : les espèces monétaires sont par exemple une forme de symbole extrêmement utilisée dans les temps modernes.
Parmi les codes de lois religieuses, on peut citer le droit canonique romain, les dix commandements, etc.
Une éthique est un ensemble de principes moraux, de commandements, de droits et de devoirs. Les questions éthiques sur la société ont toujours intéressé les religions. Au , le catholicisme a élaboré une doctrine sociale, qui a été mise en pratique dans le catholicisme social.
L'environnement est au cur des interrogations sur la vision du monde et de sa création ou CréationCréation avec une majuscule n'est utilisé que quand la création est envisagée sous l'hypothèse d'une intervention « divine ».. . Il existe aujourd'hui des réunions sur le thème de l'environnement et du développement durable entre les grandes religions et spiritualités.
Quand elles sortent du domaine purement spirituel, les doctrines d'inspiration religieuse sont un objet de critique souvent polémique pour les tenants de la liberté de pensée et de la liberté de conscience. La justification spirituelle de ces doctrines est considérée comme étrangère au domaine traité, qui revendique sa propre autonomie cognitive; et cette origine religieuse est perçue comme un argument d'autorité, obstacle à la liberté individuelle et à l'autonomie de la raison.
Les croyances ne sont pas toujours liées à une religion, comme la croyance aux OVNI, par exemple. Inversement, certains dogmes ou croyances religieuses, comme la réincarnation, peuvent être acceptés isolément sans adhérer au système religieux doù ils sont empruntés.
Cette question est celle du cléricalisme: dans quelle mesure les clercs, cest-à-dire les membres de linstitution religieuse, peuvent ou doivent-ils avoir en même temps un pouvoir politique? La pensée catholique en fait remonter lorigine à la parole de Jésus-Christ, « il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (). Cette question se prolonge traditionnellement dans la pensée occidentale, à travers la distinction entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, ou bien la distinction entre pouvoir religieux et politique (par exemple au , chez Thomas d'Aquin) ou bien plus récemment autour des concepts modernes de « laïcité », de séparation de lÉglise et de lÉtat, (loi de 1905 en France, sous la III République).
Le lien entre religion et pouvoir politique peut prendre un aspect répressif dans les sociétés où la norme est dappartenir à un groupe religieux: une attaque contre la religion peut alors être sanctionnée comme blasphème, et quand lhérésie est pénalement sanctionnée, des tribunaux spécialisésCest le cas historiquement de linquisition ou de tribunal islamique. peuvent être amenés à juger de lorthodoxie des membres du groupe par rapport à des critères purement religieux.
La socialisation qui se produit par lappartenance et lidentification à un groupe conduit parfois à rejeter et dévaloriser ceux qui ne sont pas membres du groupe; et quand la socialisation se fait autour dune identité religieuse, le rejet et la condamnation de lautre peut parfois prendre le caractère dun extrémisme religieux.
Dans certains cas, les religions peuvent interférer avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe dhommes) de telle sorte quelles ont souvent besoin dun ennemi pour se fédérer et se construire. Cette logique identitaire est capable dalimenter des conflits pouvant aboutir à une guerre de religion. Les civilisations ont entre elles des relations quelquefois conflictuelles, lune des raisons pouvant être religieuse du fait des différences de croyances. Cest dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ». Dans pratiquement toutes les grandes religions, la doctrine et les responsables religieux condamnent officiellement toute forme de violence commise au nom de la religion; mais inversement, il est fréquent de trouver des arguments à caractère religieux dans les discours de meneurs. Le caractère véritablement religieux de tels troubles prête donc à discussion, suivant que lon retient que la composante religieuse est présente dans les troubles, ou quelle na été quinstrumentalisée pour une fin qui lui est en réalité étrangère.
Le dialogue inter-religieux vise à harmoniser les relations entre religions.
Dans certaines sociétés, le concept dart est indissociable de celui de religion, lart se définissant en partie par des fonctions rituelles dans la pratique religieuse : on peut prendre comme exemple les uvres de lart africain traditionnel (arts premiers). Selon Henri Bergson, lart religieux (musique sacrée, peinture religieuse, architecture religieuse, danse sacrée) ne se construit pas par rapport à un art profane indépendant. Dans l'histoire, il n'existe pas d'exemple d'art indépendant d'une pratique rituelle à son origine. La technique artistique y est utilisée pour évoquer et renforcer tel ou tel type de sentiment religieux. Dans ce cadre, elle acquiert une certaine maturité, et prend par la suite son autonomie en devenant un art profane.
Lart véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre. En effet, la religion, dans toutes ses manifestations, est mêlée dart : poèmes mystiques, églises, mosquées et temples, danses, objets sacrés, représentations picturales, tout ce qui touche à la religion a été, à un moment ou à un autre, sujet pour un artiste. De ce fait, les thèmes religieux ont toujours été une inspiration pour les artistes et celui-ci véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre, parfois à les façonner.
La religion influence lart (littérature, peinture, sculpture), linspire (par exemple à travers des icônes religieuses) ou en restreint lexpression (ce qui est par exemple à lorigine des arabesques). La pratique artistique a dû subir des limitations du fait des autorités religieuses, parfois simplement du fait de leur statut de mécène et de clients. Ces limitations ont pu être vécues comme des contraintes, mais ont parfois été tournées à leur avantage par les artistes : linterdiction de lopéra a créé loratorio, et linterdit de représentation des êtres vivants dans lislam a provoqué un développement spectaculaire de la calligraphie. Lusage de lart comme moyen de critiquer les religions ou leurs abus ont parfois eu des conséquences dramatiques du fait dextrémistes, comme lassassinat du réalisateur Théo Van Gogh.
Dans lAntiquité gréco-romaine, les philosophes tentaient déjà dexpliquer lorigine des croyances. Ainsi, Lucrèce, dans De natura rerum, émet lhypothèse que les hommes ont inventé les dieux pour expliquer les merveilles et les mystères de la nature : pour comprendre ce quils ne maîtrisaient pas. Critias pensait que la religion (et la crainte des dieux) avait été inventée pour imposer à chacun le respect de la société : discipline, morale, sens du bien et du mal. Les anthropologues, psychologues et sociologues sen tiennent encore pour la plupart à ces deux explications. Pascal Boyer, Et l'homme créa les dieux sappuyant entre autres sur les sciences cognitives et la biologie évolutionniste, y ajoute une explication naturaliste.
Le point de désaccord entre la philosophie et la religion est principalement celui du statut de la vérité : elle est lobjet dune recherche purement rationnelle pour le philosophe tandis que le croyant pense que la vérité se transmet, et quelle a été, tout au moins en partie, révélée, et quon peut la trouver dans les textes sacrés quil reconnaîtLa lettre encyclique Fides et Ratio de Jean-Paul II se veut un argumentaire du point de vue catholique sur cette épineuse question du statut de la vérité : Texte de lencyclique en français.. Ce qui nempêche pas le croyant de se livrer à une réflexion utilisant les concepts des philosophes, la théologie chrétienne étant née de la rencontre du christianisme naissant et des concepts des philosophes grecs et romains. Malgré cette dichotomie, pendant tout le Moyen Âge européen, il ny a eu de philosophie que chrétienne. Est-ce à dire que la théologie et la philosophie sont solubles lune dans lautre ? Assurément non. Mais comme la philosophie peut sintéresser à des problèmes religieux, la religion peut sintéresser à des problèmes proprement philosophiques, comme le rapport du langage à la réalité et la possibilité de la connaissance humaineOn se souvient que la question « Que puis-je connaître ? » est une des trois grandes questions de la philosophie pour Kant.. La philosophie restera dailleurs longtemps tributaire de la manière dont les théologiens ont posé les questions avant quelle ne retrouve une certaine autonomie. On notera donc limportance pour la philosophie dauteurs comme Anselme de Cantorbery, Duns Scot, Guillaume d'Occam ou Thomas d'Aquin.
Par ailleurs, certains courants philosophiques ont eu tendance à vouloir remplacer le fait religieux. Le déisme pose un dieu créateur mais en refuse linstitution religieuse. Le culte de la Raison (voire de la déesse Raison entendue comme allégorie) fut proposé durant la Révolution française. Le saint-simonisme athée, se nommait lui-même « nouveau christianisme »Claude Henri de Saint-Simon, Nouveau christianisme, éditions de laube, Paris, 2006, 87 p., . ou « religion saint-simonienne ». La « religion de lhumanité » (religion positiviste) dAuguste Comte, était quant à elle sans dieu mais dotée dun catéchisme et dun calendrier. Comte prédisait le remplacement définitif des religions par la science, du fait de la loi des trois états.
Les critiques rationalistes, comme celle de Bertrand Russell ou de Lucrèce, estiment que toute religion répond en premier lieu à un sentiment de peur (peur de la nature, de la mort), quelle est favorisée par lignorance, et quelle se construit sur des valeurs qui conduisent à des pratiques cruelles et arbitraires qui entravent tout progrès dans le bien-être de lhumanité.
La plupart des grandes religions ont été conçues à des époques qui ne disposaient pas des connaissances qui ont été acquises depuis lors. Certaines connaissances que lon trouve par exemple dans le Bible (le lapin rumine, le soleil tourne autour de la Terre, lunivers a été crée en 6 jours et est âgé de quelques milliers dannées) sont depuis devenues obsolètes ou fausses. Or, dans certains cas, ce sont des textes considérés comme sacrés, donc vrais, qui sont ainsi remis en cause par les sciences : en conséquence de quoi, la validité de ces textes devient sujette à caution.
Une autre difficulté, soulevée par les sceptiques, Ceux de lAntiquité (cf. Sextus Empiricus), comme les modernes). est que si les dogmes des différentes religions ne sont pas compatibles entre eux, il sen suit que toutes les religions sont fausses, sauf peut-être une. Dans tous les cas, la conclusion de ce raisonnement rationaliste est que des milliards dêtres humains sont ou ont été dans lerreur du fait de leurs croyances religieuses.
En tant quensemble de croyances qui doivent être crues, la religion est une source dintolérance morale et scientifique : elle ne connaît pas le doute, et fonde parfois sur son caractère absolu son rejet des connaissances nouvelles. Cette disposition desprit, qui soppose dans certains cas à la recherche (par exemple, le christianisme sest opposé à un grand nombre de sciences des temps modernes : interdiction de lanatomie, refus de lhéliocentrisme et de lévolutionnisme) peut conduire à brûler ses adversaires, à les torturer ou à les contraindre à se rétracter. (cf. Vanini, Galilée). Pour les rationalistes comme Bertrand Russell, ou pour des critiques de la religion comme Nietzsche, si les religions contemporaines se présentent sous des formes plus tolérantes, ce nest pas du fait de progrès voulus, mais parce que les sciences les ont contraintes à réviser leurs dogmes.cf. Bertrand Russell, La religion a-t-elle contribué à la civilisation ? Ceci étant, la religion n'a pas le monopole du politiquement correct, comme le montrent les nombreux exemples de luttes contre la dissidence et d'intolérances morale et scientifique dans les régimes ou des sociétés athées.
Du point de vue de léducation et des sociétés, quand une religion repose sur des dogmes que lon ne peut remettre en cause sous peine dhérésie, elle tend à maintenir des populations dans lignorance : le libre examen et linstruction sont proscrits (par exemple létude de la médecine ou de la météorologie est assimilée à de la sorcellerie) au profit du seul apprentissage de textes dits sacrés (Bible, Coran). Cet obscurantisme favorise les mouvements de foules hystériques, comme les chasses aux sorcières ou linterprétation de faits naturels, aujourdhui expliqués par les sciences, comme des châtiments divins ou des interventions diaboliques (exemple de la comète de Halley).
Du point de vue de la psychologie, dans certaines religions qui tendent à contrôler la sexualité des croyants, de fortes souffrances morales sont associées aux pulsions, ces souffrances étant appelées culpabilité. Quand des comportements dits "déviants" sont menacés de peines infernales et éternelles, la religion nourrit un climat de terreur psychologique.cf. Nietzsche, LAntéchrist. Cest pourquoi, les religions qui favorisent la culpabilité sont accusées dentretenir la misère terrestre et de refuser tout bonheur à lêtre humain.cf. Bertrand Russell, Science et religion.
Le terme religieux apostat désigne d'anciens fidèles qui ont délaissé ou renié les liens les unissant à cette religion. Ces gens peuvent être des non-croyants ou des convertis à une autre religion.
Selon le contexte, le terme est aussi employé pour désigner l'ensemble des croyants, l'éventuelle institution en découlant ou finalement « la religion » en tant que vue d'ensemble des différentes religions.
La religion est le plus souvent en rapport avec une notion de divinité ou de réalité transcendante.
La religion occupe une place importante dans la culture des sociétés humaines. Les relations réciproques entre religions et composantes de la société sont souvent complexes, voire inextricables.
Par extension, certaines pratiques générant des cultes, des adorations et des dogmes, prennent une valeur de religion et entraînent l'usage d'un vocabulaire religieux, par exemple : « le temple du football ».
Racines du fait religieux :
Dans les langues anciennes (hébreu, grec et latin) le mot « religion » désignait les cultes propres à chaque civilisation. Son sens actuel est différent. . Si le mot apparaît au , la théorisation du phénomène, .Étymologie :
Le mot religion vient du latin , dont le nuage sémantique est très riche : au sens propre : scrupule, conscience, engagement, obligation, puis par sens dérivé : crainte des dieux, sentiments religieux, croyances, superstitions, pratiques religieuses ; enfin caractère sacré, objet ou chose sainte (ou de culte), signe sacré, sainteté. Le sens latin du terme se comprend mieux quand on rappelle que la pratique religieuse romaine publique était très ritualiste, faite de rituels qui devaient être scrupuleusement exécutés, et recommencés depuis le départ en cas d'erreur. L'étymologie reste cependant incertaine et controversée depuis l'Antiquité.- On dit volontiers que le mot vient du latin re-ligare, "re-joindre" ou "re-lier", compris généralement comme indiquant la relation de l'humain au divin, mais aussi des humains les uns aux autres, lien à la fois sur le plan de la cohésion sociale et sur celui de l'attachement affectif. Cet étymon est proposé par Lactance et Tertullien, mais il sagit dune signification tardive probablement fondée sur la confusion entre religo (de religio, avoir égard à quelque chose) et religo (de ligo, lier).
- Une autre voie est indiquée par Augustin d'Hippone, qui suggère l'étymologie archaïque suivante : relegere, "relire, reprendre", par opposition à neglegentia, "négligence". Pierre Legendrep. 88, in Pierre Legendre, Leçons I, La 901è conclusion. Étude sur le théâtre de la raison, 1998, s'appuyant sur les travaux de Émile Benveniste p. 267 et ss., tome II, E. Benveniste, Le vocabulaire des institutions indo-européennes, Paris, Minuit, tomes I et II. et J. Scheid« Religion, et superstition à l'époque de Tacite : quelques réflexions », dans Religion, supersticion y magia en el mundo romano, Universidad de Cadiz, 1985, pp. 19-34. De cet article, il ressort d'après Pierre Legendre (op. cit. p. 398) que « religio ne désigne pas le lien sentimental, direct et personnel de l'individu avec une divinité, mais un ensemble de règles formelles et objectives, léguées par la tradition. » , argumente à son tour dans le sens d'une telle interprétation : « Le sens originaire du latin religio se situerait du côté du verbe legere (recueillir, qui a donné lire), non pas ligare (= lier).» En d'autres termes, une telle sédimentation du terme indiquerait que religio constitue une figure herméneutique magistrale de la société, un mode d'intellegibilité de la société sur le monde et sur elle-mêmePierre Legendreop. cit. p. 88.
- Chez Cicéron (De natura deorum, II, 10) on trouve religio, (scrupule), qui évoque le respect et la crainte face aux forces surnaturelles et le souci dêtre scrupuleux dans l'observation des rites.
En Chine et au Japon, le mot religion est la combinaison de deux sinogrammes :
- shû (japonais) ou zng (chinois), désignant à l'origine le temple (, le toit, la maison) d'où vient l'esprit (, monition, influence spirituelle), et par extension un groupe uni par le culte des mêmes ancêtres,
- kyô (japonais) ou jiào (chinois), signifiant "enseignement", "école"
Il évoque la transmission (kyô/jiào) d'un savoir, d'une tradition, de rites, de légendes constituant une sorte de catéchisme, au sein d'un groupe (shû/zng). Le lien généalogique (lignées maîtres-disciples) qu'implique le sens originel de zng reste important en Chine, où il joue un rôle plus déterminant que la nature exacte de l'idéologie pour le rattachement à une dénomination religieuse. Dans le Zen japonais également, la généalogie religieuse des maîtres est considérée comme une référence importante pour évaluer l'authenticité et la qualité d'une école.
On comprend ainsi qu'il s'agit à la fois des croyances et des cultures d'un groupe humain et des pratiques qui en découlent.
L'étymologie montre que la religion relie l'homme à la divinité, et à ses racines originelles, et à la société où il évolue. Ces dimensions (ainsi que le rapport à la mort, implicitement présent dans les cultes des Lares) se retrouvent effectivement à l'origine des religions. Historiquement, dans les sociétés primitives, il n'y a pas de séparation entre le sacré et la société elle-même : la société n'a pas « une religion », c'est la nature même de la société qui est religieuse, la religion est coextensive à la société, et toutes les activités de l'homme qui prennent un aspect transcendant.Voir notamment Henri Bergson, Les Deux Sources de morale et de la religion
L'évolution des civilisations a progressivement conduit à laïciser la plupart des activités de l'homme (écriture, art, législation, sexualité) qui étaient initialement des actes sacrés. Parallèlement, les questions religieuses se sont marginalisées, et tendent à se spécialiser sur la spiritualité. Mais la religion ne se réduit pas nécessairement pour autant à une spiritualité personnelle et privée et elle peut parfois structurer la société ou influer sur les relations entre individus.
Foi, sens et croyances :
Pour les anthropologues, la conscience de la mort est constitutif de l'humanité : le rite funéraire est l'indice qui signale l'émergence d'une certaine forme de culture, mais surtout celle du sentiment religieux, qui permet de distinguer l'humain des autres anthropoïdesBien que ce soit un sujet de débat, on ne réserve plus exclusivement le terme de culture aux êtres humains. Voir Whiten et Boesch, La culture des chimpanzés, in Pour la science, dossier n°57, octobre/décembre 2007.. Cependant, les premiers cultes des morts étaient pratiqués par l'homme de Néandertal et non l'homme moderne.Généralement, les religions cherchent à répondre aux questions essentielles sur le sens de la vie, proposant en particulier des récits mythologiques ou des espérances face à la peur de la mort et à notre ignorance naturelle à propos de l'existence et de l'univers. Elles font presque toutes le récit de la naissance du monde, de la naissance et des actions des dieux dans leurs rapports aux hommes, et évoquent, en des sens variés, l'au-delà, la vie éternelle, la réincarnation, la résurrection, l'immortalité, l'éternité, la fin du monde. Dans les temps modernes, en Occident, à la suite de Descartes, Auguste Comte élabora de même une sorte de culte des morts. Certains y voient une fuite du réel, une expression de la peur, de l'ignorance et de la superstition. Elle serait l'expression organisée d'un besoin de sens de l'être humain et son désir de comprendre et d'expliquer ce pour quoi aucune explication ne semble se présenter. . L'Homme s'intéresse à la façon dont le monde fonctionne, sur la place qu'il occupe dans celui-ci, sur sa raison d'être.
Dans sa tentative d'expliquer l'univers et les phénomènes physiques, l'une des expressions intellectuelles de l'homme a été une expression religieuse. L'homme implique souvent une ou plusieurs déités ou d'autres forces surnaturelles. Ce chapitre religieux pose les questions du rapport au monde, en particulier à la nature, dans les animismes, où toutes les forces de la nature sont sacralisées. Les religions sont souvent imprégnées de diverses croyances, qui peuvent apparaître comme des superstitions, ou des comportements irrationnels pour un esprit extérieur se voulant cartésien.
La religion structure également le rapport à l'autre, humain ou non. Une autre problématique dont traite la religion en tant que facteur de cohésion sociale est celle du pur et de limpur, et du rapport à son autre, c'est-à-dire, au non-religieux dont elle trace les contours. On peut penser ce rapport en termes essentialistes, ceux de sacré et de profane, ce que font, en fait, tous les théologiens qui n'osent plus parler de leurs convictions que par le détour d'un métalangage. Mais on peut aussi aller plus loin, ne pas s'arrêter là où la théologie le demande, et aborder la religion comme on le fait pour n'importe quel autre aspect de la vie sociale. Dans cette approche, la religion ne se pense plus comme une option mais comme l'un des procédés non-optionnels, universels, par lesquels une société se perçoit, trouve et prend sa place dans le monde. Selon Durkheim, la religion, c'est la société elle-même en train de s'auto-légitimer et de s'auto-adorer.
Enfin, sur un plan subjectif, les religions sont associées à l'expression d'une "expérience spirituelle" (extase mystique, révélation, éveil) dont on trouve la trace dans la majorité des cultures. Les croyants se fondent sur cette expérience spirituelle pour donner un sens au monde, ou du moins en réfèrent-t-ils au divin pour en saisir le sens (« sens » doit s'entendre dans ses deux significations, à la fois comme herméneutique et comme direction). Ce chapitre de la religion pose la question du rapport à Dieu ou aux dieux.
Évolution des formes religieuses :
Anthropologie et formes mythologiques :
En anthropologie, le champ couvert par le terme « religion » doit être défini par les anthropologues eux-mêmes : « Le mot religion n'est pas un terme trouvé sur le terrain, c'est un terme créé par les chercheurs pour leur propre besoin. En conséquence, c'est à eux que revient la tâche de le définir. Il s'agit d'un concept générique, de second degré, qui joue le même rôle dans la mise en place de l'horizon disciplinaire de l'étude de la religion que les concepts de langage et culture en linguistique et anthropologie. Sans un tel horizon, il n'y a pas de discipline de l'étude de la religion »Critical Terms for Religious Studies (Jonathan Smith). L'analyse historique et scientifique de l'origine des cultes antérieurs à notre ère n'en est devenue que plus spéculative.Les premières sépultures proprement dites font leur apparition au cours du Moustérien (Paléolithique moyen), il y a environ 100 000 ans Maureille, B. Les premières sépultures, Le Pommier / Cité des sciences et de l'industrie, (2004). Elles sont liées à l'Homme de Néandertal en Europe et aux premiers humains anatomiquement modernes au Proche Orient comme l'indiquent les découvertes récentes de la grotte de Skhul.
Au Paléolithique supérieur, le développement de l'art sous ses formes pariétale et mobilière permet de s'interroger sur la signification des thématiques traitées en termes de croyances.l'apparition du phénomène religieux article de Marcel Otte
Les formes religieuses primitives typiques sont l'animisme, le fétichisme, le chamanismele chamanisme une religion introuvable article de Frédéric Laugrand. Ces formes ne constituent pas une religion particulière, on en trouve autant qu'il y a de société qui s'y rattache. Bien que documentées dans la période historique, il n'est pas possible d'assigner une origine historique précise à ces formes de croyance.
Les mythologies remontent souvent à la transition entre préhistoire et période historique, la protohistoire. On peut citer comme exemples de mythologies celles de Sumer, de Babylone, les dieux égyptiens, voire la mythologie grecque
Ces formes perdurent dans les religions ou spiritualité de différentes zones de la planète : chamanisme d'Eurasie (Nord sibérien), religions d'Afrique, d'Amazonie, d'Océanie, d'Amérique, etc. On peut également citer d'autres religions maintenant quasiment disparues, le plus généralement polythéistes, maintenant classées en mythologie ou :Catégorie:Religion de l'Antiquité|religions antiques, originaires principalement d'Eurasie, d'Afrique, ou d'Amérique.
On peut penser que les cultes anciens de notre ère prennent leurs racines dans ces cultes préhistoriques et ces mythologies.
Textes sacrés :
L'invention de l'écriture ouvre à la fois la période historique, et les premiers grands textes sacrés de l'humanité. C'est cette période qui voit notamment apparaître l'hindouisme, retracé jusque vers 5000 av. J.-C., et ses Veda; le monothéisme, retracé jusquà Abraham vers 1850 av. J.-C., le judaïsme, retracé jusquà Moïse vers 1250 av. J.-C., avec la Bible.Il existe deux grands berceaux des religions contemporaines sur Terre, qui ont émergé il y a trois à quatre mille ans :
- Les religions abrahamiques (le judaïsme, le christianisme et l'islam) proviennent géographiquement du Croissant fertile, qui s'étend de la région où naquit Abraham (actuel Irak) à l'Égypte. Elles se décrivent comme étant monothéistes (par opposition au passé polythéiste du bassin méditerranéen) et révélées.
- L'hindouisme est né au nord du sous-continent indien (actuels Bihar et Uttar Pradesh et confins sud du Népal). On peut néanmoins les décrire comme une forme de polythéisme hénothéiste ou même panenthéiste pour l'hindouisme.
Enseignement magistral :
À partir du premier millénaire avant notre ère, les nouvelles formes de religion se rattachent à l'enseignement d'un maître. On voit apparaître successivement : le jaïnisme, retracé jusqu'au Tîrthankara historique aux alentours des , av. J.-C., le zoroastrisme, dérivé de l'enseignement de Zoroastre vers 650 av. J.-C., le taoïsme, professé par Lao Zi vers 600 av. J.-C., le bouddhisme, héritage de Bouddha vers 560 av. J.-C., le confucianisme dérive de l'héritage de Confucius qui enseigne vers 550 av. J.-C., le christianisme est issu du message de Jésus de Nazareth, l'islam est professé par Mahomet entre 609 et 632, le sikhisme est créé par Nanak Ji vers 1500Ces formes de religion ont en commun de fournir une explication à nos grandes questions philosophiques. Elles n'en ont cependant pas l'exclusivité, et ces questions ont été abordées par tous les grands systèmes philosophiques qui émergèrent dans le premier millénaire avant notre ère. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les philosophes abordent les mêmes questions sur un plan purement métaphysique, en les détachant de la pratique religieuse.
En Asie, le bouddhisme, le confucianisme, le shintoïsme etc., forment plutôt une philosophie en tant que mode de vie, une spiritualité ou une forme de religion polythéiste.
École, confessions, religions :
Les ruptures religieuses des deux derniers millénaires tendent à se rattacher à des ruptures entre écoles, plus qu'à l'enseignement original d'un maître. Une appréhension nouvelle d'un corpus existant donnera lieu à la création d'une école si celle-ci n'aboutit pas à un schisme, d'une confession s'il y a schisme, et tendra à être qualifiée de nouvelle religion si le nouveau corpus se veut syncrétique, par exemple. Le discours théologique sur lesquelles elles se fondent n'est souvent qu'une affaire de spécialistes. Les disputes se traduisent souvent par des oppositions politiques, et l'orthodoxie peut parfois être imposée par un appareil législatif et une répression pénale.Toute religion qui possède un grand nombre de croyants, qui connaît une certaine expansion géographique ou qui subsiste depuis longtemps connaît des diversifications qui donnent naissance à de nouvelles manières d'appréhender le corpus existant. Ces nouvelles appréhensions peuvent accoucher de courants qui continuent d'appartenir à la même institution (on peut prendre pour exemple les différentes sensibilités co-existant dans l'église catholique, qui vont de la théologie de la libération à l'Opus Dei) ou créent une nouvelle confession qui, tout en se réclamant des mêmes textes sacrés, en tirent d'autres conséquences (on peut penser au bouddhisme : celui du grand véhicule, celui du petit véhicule et le bouddhisme zen, on peut aussi penser au catholicisme, à l'orthodoxie et au protestantisme pour le christianisme).
Chaque religion peut comporter en son sein plusieurs sous-groupes ou courants. Certains peuvent se voir comme orthodoxes, définissant les autres comme hétérodoxes, voire hérétiques. Lorsqu'un groupe se dissocie profondément de l'ensemble, on parle de schisme. Pour désigner les différents groupes, on utilise parfois le terme dénomination (anglicisme) ou, pour les différents sous-groupes chrétiens, Église. Secte, employé dans un contexte historique, peut aussi désigner un courant, mais dans la France du , il a un sens plus spécifique de groupe restreint aux caractéristiques très marquées, et présente souvent une connotation négative. Quand il y a mélange dinfluences, on parle de syncrétisme.
Pour les ruptures à l'origine de religions modernes, on peut citer par exemple:
- Le christianisme orthodoxe, retracé jusqu'entre 431 et 1054
- Branches du bouddhisme : Hinayana, Mahayana, Vajrayana
- Le shintoïsme, religion animiste apparue vers 650
- Branches de l'islam, par ordre d'importance (non exhaustif): sunnisme, chiisme, kharidjisme
- Le catholicisme romain, tracé en 112, affirmé en 1054
- Le bouddhisme Nichiren, créé par Nichiren vers 1250
- Le protestantisme au début du . Différents courants dont :
- * Le luthéranisme, initié par Martin Luther en 1517
- * L'anglicanisme initié par Henri VIII en 1531
- * Le calvinisme, initié par Jean Calvin en 1536
- *
Les cultes de création plus récente :
Le monde contemporain, Marcel Gauchet, ne fait pas exception à la création de nouvelles religions. Ces nouvelles formes se caractérisent souvent par la volonté de se distinguer (voire de se séparer) d'une société qu'elles critiquent, pour adopter un style de vie spécifique et orienté vers un but spirituel. On peut citer dans cette large catégorie ::
- Les "Quakers", ou Société religieuse des Amis, sont fondés par George Fox en 1652.
:
- Le mormonisme, cest-à-dire l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, organisé par Joseph Smith en 1830.
- Le bahaïsme, fondé par Mirza Husayn Ali Nuri surnommé Bahá'u'lláh en 1863.
:
- L'Association internationale pour la conscience de Krishna fondée par A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada en 1966.
- et autres nouveaux mouvements religieux.
Principales religions dans le monde :
Classement théologique, philosophique ou anthropologique :
On peut classer les religions selon le nombre de leurs dieux, les relations quils entretiennent entre eux, avec lunivers et les fidèles, ou la présence de certains concepts ou pratiques en leur sein :Les religions monothéistes ne reconnaissent qu'un seul Dieu : christianisme, islam, judaïsme en sont les exemples les plus typiques. Ces trois religions sont appelées abrahamiques, car elles reconnaissent toutes les trois la figure d'Abraham comme premier patriarche.
Les religions polythéistes reconnaissent plusieurs dieux, différemment liés. L'ensemble polythéiste peut être subdivisé en différents types : hénothéisme, monolâtrie par exemple.
Le panthéisme est une philosophie selon laquelle tout est Dieu.
Les religions révélées sont des religions qui affirment détenir leur connaissance de source divine, soit par des apparitions (théophanies), soit par l'inspiration à des prophètes de textes considérés comme dorigine divine. Les religions abrahamiques en sont un exemple.
Les religions peuvent être fondées sur une orthodoxie (christianisme) ou une orthopraxie (judaïsme, hindouisme).
La présence de certaines croyances ou pratiques (animisme, chamanisme etc..) peut aussi caractériser les religions et permettre un regroupement.
Classement historique et géographique :
Image:World religions FRE.PNG|thumb|right|Carte du monde indiquant la religion dominante dans chaque pays. Source : :commons:Atlas of religions|Atlas Wikimédia des religionsOn distingue quelquefois les religions éteintes, les religions actives et les nouvelles religions émergentes. Les premières, également appelées :Catégorie:Religion de l'Antiquité|religions antiques, reparaissent parfois dans la dernière catégorie lorsquelles font l'objet dune tentative de résurrection (néo-druidisme, néo-paganisme).
On peut également regrouper les religions par aires géographiques, qui sont souvent aussi des aires culturelles. La proximité géographique va souvent de pair avec des emprunts et influences mutuelles, voire une communauté de sources. Dans le monde indien, on remarque que l'hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme, sont profondément liées, comme avec le sikhisme, influencé par l'hindouisme et l'islamPour plus de détails, on peut également consulter cette carte des religions dans le monde.
Problèmes de dénombrement :
À travers l'Histoire, les hommes ont adopté de multiples religions. Certaines se sont répandues dans le monde entier et sont très pratiquées. Divers types de classements sont possibles. Il est difficile dobtenir des statistiques exactes et précises concernant le nombre dadhérents aux différentes religions et dincroyants, ce pour plusieurs raisons :- Difficulté de mise en uvre, diversité et validité des modes de comptage : une documentation disponible nexistant pas toujours, le recueil de statistiques est une entreprise qui consomme beaucoup de temps et de ressources ; les différents modes de comptage - inscription sur des listes officielles, estimation selon dautres critères (ethnique p.ex.), auto-déclaration - peuvent donner des résultats différents, chaque mode comportant ses risques derreur.
- Manque dobjectivité : les statistiques religieuses sont souvent établies par des organismes rattachés à un ensemble idéologique donné ; il peut y avoir sur- ou sous-comptage délibéré de certains groupes. Certains environnements imposent ou interdisent certaines idéologies, empêchant laccès à lopinion réelle des sondés.
- Définition des ensembles religieux et idéologiques : les statistiques sont établies par des personnes appartenant à une zone géographique et culturelle donnée. Certaines religions y sont bien connues, donc clairement définies ; dautres religions "exotiques" peuvent être mal identifiées. Par ailleurs, même pour les religions bien connues, le regroupement peut varier : mormons, témoins de Jéhovah et nouvelles sectes dinspiration chrétienne peuvent ainsi être inclus dans lensemble des chrétiens ou comptés à part. Les incroyants peuvent avoir des difficultés à se situer dans un groupe précis (athée, agnostique, libre-penseur), ce choix réclamant un travail introspectif et des connaissances philosophiques de base pour être fait en connaissance de cause.
- Adhésion exclusive et multi-adhésion : si certaines religions réclament un rattachement exclusif, il existe des zones culturelles (monde chinois p.ex.) où la multi-adhésion est courante, brouillant les statistiques.
- Les statistiques générales ne font pas apparaître le degré dadhésion réelle aux pratiques ou concepts.
Les statistiques au niveau mondial sont une tâche particulièrement ardue, et la source la plus consultéeWorld Christian Encyclopedia (Oxford University Press), sur laquelle sappuie lEncyclopedia Britannica et en grande partie Adherents.com repose depuis plus de deux décennies sur le travail de David B. Barret et de ses collaborateurs, particulièrement en ce qui concerne le christianisme. Cet ancien missionnaire anglican devenu évangéliste déclare déplorer le manque de concurrence.Brève présentation de D.B.Barrett et de son travail (anglais)
Chiffres :
Répartition mondiale des religions :
| Statistiques de D. Barrett (complétées)Statistiques de D. Barrett | Chiffres d'adherents.com (complétés)adherents.com |
|---|---|
|
|
Répartition mondiale des croyants :
Le nombre de croyants est supérieur à celui des non-croyants qui comprennent les athées déclarés et les personnes sans confession. La moyenne mondiale des croyants est de 85,7 %. De grosses disparités existent entre les différents pays du monde. En Amérique du Sud, l'Uruguay est le pays le moins croyant. En Afrique, la totalité du continent est constitués de croyants avec une majorité de musulmans au nord et une majorité de chrétiens au sud. La Chine et la Corée du Nord sont parmi les pays possédant le moins de croyants au monde. La Corée du Nord est un pays où la liberté de culte est la plus réprimée. En Europe, les chiffres sont plus nuancés selon les pays avec des pourcentages supérieurs à 70 %. Enfin, des pays comme l'Afghanistan et la cité du Vatican affichent des pourcentages très proches de 100%L'état de la Religion, National geographic (France), numéro 102, mars 2008, source : World Christian Database.Éléments des religions :
On s'accorde souvent pour nommer religion l'ensemble des pratiques et des rites propres à chacune de ces familles de croyances. Pragmatiquement, une religion peut s'analyser suivant plusieurs dimensions plus ou moins présentes.Univers invisible :
Une religion se fonde sur le domaine surnaturel, un monde de l'esprit, dont la définition peut être variable. La plupart des religions supposent l'existence de relations entre les humains et des forces ou des personnes invisibles, qu'ils soient dieux, anges, démons ou esprits des morts. Le miracle est la manifestation spectaculaire de ces relations, son caractère miraculeux se fondant sur le fait qu'il est impossible à expliquer rationnellement.Le croyant qui essaie de communiquer avec ces forces et ces êtres (par une communication fondée sur l'invocation ou l'évocation de l'esprit) peut avoir deux buts:
- Il peut chercher à être guidé ou informé - acquérir de l'information - il fait alors appel à l'art divinatoire.
- Il peut chercher à se rendre favorable l'action de ces puissances invisibles, par des demandes, prières, ou liturgies propitiatoires.
Ces pratiques sont probablement l'aspect le plus critiqué par le rationalisme, précisément parce qu'on ne peut les soumettre à la critique expérimentale. L'examen critique d'une telle relation peut se comprendre à deux niveaux. D'une part, la réalité du résultat revendiqué peut être contestable: le « miracle » n'a pas eu lieu, les témoignages sont trompeurs (volontairement ou non). D'autre part, le phénomène extraordinaire d'un thaumaturge n'est pas nécessairement une théurgie (dû à l'intervention d'un esprit extérieur), mais peut être la manifestation de pouvoirs occultes qui sont dans la nature de l'homme mais ne sont pas habituellement maîtrisés (approche de l'occultisme moderne).
Liturgies, rites :
Des rites sont des signes, symboles et pratiques "en actions", qui unissent les croyants entre eux et avec la ou les puissances supérieures qu'elles reconnaissent.Les croyants ou fidèles tendent à se réunir pour des cérémonies et célébrations pouvant comporter des rituels et des prières. Les rites adéquats prennent généralement une forme fixée pour le culte, dont l'ensemble constitue une liturgie.
Les différentes religions demandent souvent à leurs fidèles d'être en état de pureté avant de pouvoir faire certains actes, comme prier, présider à une cérémonie religieuse, etc. La définition précise de la pureté et la manière de l'atteindre (par exemple par des ablutions) varie avec la religion.
Les cérémonies ne sont pas nécessairement à caractère religieux; elles continuent à être un facteur de symbolisme et de cohésion sociale y compris dans le domaine profane.
Exercice spirituel :
Une spiritualité est avant tout une manière d'être en relation avec "quelque chose" de transcendant: une forme (Dieu?) ou plusieurs (dieux, ancêtres, esprits, etc.) une puissance supérieure ou un état autrement insaisissable ("cieux", "enfers", "invisible", "autre monde", etc.) ou tout autre but spirituel : par la méditation, par la prière, par le mysticisme.Pratiquement toutes les religions proposent une approche spirituelle de type mystique, c'est-à-dire une « approche expérimentale du divin ». Pour Ignace de Loyola, auteur catholique des Exercices spirituels, il s'agit, « par lexamen de conscience, la méditation, la prière et la contemplation, de chercher et de trouver la volonté de Dieu sur lorganisation de sa vie et le salut de son âme. »Ignace de Loyola, Exercices spirituels, 1548, « Annotations préalables », 1.
Le but de l'exercice spirituel dépend naturellement de la doctrine religieuse au sein de laquelle il est pratiqué, mais ces exercices se retrouvent dans toutes les religions, voire en dehors de tout contexte religieux (comme dans la plupart des branches du yoga): méditations, jeûnes et autres mortifications corporelles, invocations rituelles. Ces exercices ont généralement pour effet de permettre une meilleure maîtrise de l'esprit (et notamment de le libérer des distractions corporelles), et éventuellement, d'atteindre des états de conscience atypiques (État modifié de conscience, transes, extases), parfois avec l'aide de psychotropes (dans des pratiques shamaniques ou magiques, notamment).
Ces exercices spirituels sont par nature des pratiques individuelles: ils répondent à une démarche personnelle, toujours volontaire, et cette voie n'est le plus souvent suivie que par une infime minorité, même dans les sociétés religieuses. Ils sont néanmoins généralement intégrés dans une pratique communautaire, que ce soit à travers les rites qui les accompagnent, ou l'existence d'une vie communautaire spécifique (monachisme) destinée à soutenir la volonté du pratiquant et lui épargner toute distraction par rapport à son but spirituel.
Symbolisme :
Les religions font grand usage de symboles, le plus souvent particuliers à chacune. Le symbole est en effet un support nécessaire dans le domaine de la métaphysique, du fait que l'objet spirituel ne peut pas être directement vu ou manipulé: le symbole est une représentation de labsent et de limperceptible.Un symbole permet de transférer le discours ou l'action sur un objet sensible spécialement consacré à cette représentation. Le symbole peut être un objet, une représentation picturale (comme le Mandala dans l'hindouisme ou le bouddhisme) ou un concept (comme le mantra, représentation sonore de la divinité), mais également des actes, constitutifs de la liturgie. Une cosmogonie est une façon d'expliquer le monde et son origine (et par là, son organisation "naturelle"), souvent empreinte de symbolisme. Dans les formes les plus anciennes de la religion, les récits mythologiques sont souvent très fortement symboliques.
Pour les adeptes qui lui accordent une signification religieuse, un symbole prend (par sa nature même) un caractère sacré, et doit être respecté à ce titre (c'est ce qui conduit à la mise en place des tabous dans les sociétés primitives). En effet, l'utilisation d'un symbole religieux en dehors de son contexte religieux propre (donc dans une contexte profane) constitue littéralement une profanation, évènement grave pour le fidèle de la religion, parce qu'il tend à rompre le lien entre le symbole et l'objet spirituel qu'il représente. Une profanation volontaire est généralement considérée comme un blasphème, c'est-à-dire un acte qui manifeste une absence de respect pour le fidèle et sa religion, et appelle des sanctions.
La gravure sacrée de symboles a été à l'origine des hiéroglyphes (étymologiquement / hierós « sacré » et / glúphein « graver »), et finalement de notre écriture. Le symbolisme n'est pas nécessairement religieux pour pouvoir déclencher des passions : les espèces monétaires sont par exemple une forme de symbole extrêmement utilisée dans les temps modernes.
Doctrines et croyances :
Les religions transmettent des enseignements et des codes de lois religieuses, censés montrer le juste et l'injuste, le bien et le mal, aux fidèles. Elles les dotent d'une morale, plus ou moins contraignante, censée orienter le croyant et sa communauté vers son bonheur et, par conséquent, l'éloigner de ce qui pourrait causer son malheur. La loi religieuse ne se limite pas au seul domaine du surnaturel, mais peut développer des conséquences dans tous les domaines de la connaissance, et de société.Parmi les codes de lois religieuses, on peut citer le droit canonique romain, les dix commandements, etc.
Une éthique est un ensemble de principes moraux, de commandements, de droits et de devoirs. Les questions éthiques sur la société ont toujours intéressé les religions. Au , le catholicisme a élaboré une doctrine sociale, qui a été mise en pratique dans le catholicisme social.
L'environnement est au cur des interrogations sur la vision du monde et de sa création ou CréationCréation avec une majuscule n'est utilisé que quand la création est envisagée sous l'hypothèse d'une intervention « divine ».. . Il existe aujourd'hui des réunions sur le thème de l'environnement et du développement durable entre les grandes religions et spiritualités.
Quand elles sortent du domaine purement spirituel, les doctrines d'inspiration religieuse sont un objet de critique souvent polémique pour les tenants de la liberté de pensée et de la liberté de conscience. La justification spirituelle de ces doctrines est considérée comme étrangère au domaine traité, qui revendique sa propre autonomie cognitive; et cette origine religieuse est perçue comme un argument d'autorité, obstacle à la liberté individuelle et à l'autonomie de la raison.
Les croyances ne sont pas toujours liées à une religion, comme la croyance aux OVNI, par exemple. Inversement, certains dogmes ou croyances religieuses, comme la réincarnation, peuvent être acceptés isolément sans adhérer au système religieux doù ils sont empruntés.
Religion et société :
Peut-on séparer la religion du social ? :
Quand il paraît naturel à un occidental de se questionner sur la place que la religion doit avoir dans la société, cette seule distinction des deux termes religion et société peut paraître absurde dans dautres aires culturelles. En effet, la distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, initiée lorsque le christianisme a remplacé la religion dÉtat à Rome, na pas cours dans la plupart des sociétés traditionnelles où lon peut dire que le social en son entier est religieux. Lappartenance à une caste, lexercice dune profession, la manière dont on prépare la nourriture, les personnes que lon fréquente, celles avec lesquelles on se marie, la manière dont on shabille, tout, dans les sociétés traditionnelles, renvoie de droit à une signification religieuse. Mais si la religion, en tant quensemble de règles ou système de discours, imprègne les actes les plus quotidiens (jusquaux décorations de lhabitat) et détermine les rapports hiérarchiques, cela nempêche pas lexistence de tâches dédiées, plus particulièrement religieuses, et de tâches plus quotidiennes, moins chargées de ce scrupule et de cette attention que réclame dans toutes les sociétés la manipulation du sacré. Ces tâches sont effectuées par des personnes consacrées, dont la position peut faire penser à celle du clergé dans la société occidentale. Ainsi, tout en se gardant de confondre le fonctionnement de la société sécularisée avec des fonctionnements radicalement différents, on peut se questionner sur les différents types de clergé, et la place quils peuvent avoir dans les différentes organisation sociales que lon peut rencontrer.Religion et pouvoir politique :
La question des relations entre la religion et le pouvoir sur la société (pouvoir politique) est apparue à différentes époques, notamment dans le monde occidental. Dans lorganisation des sociétés, le pouvoir spirituel est mêlé plus ou moins fortement au pouvoir temporel, voire assimilé comme une entité indissociable (où nexisterait pas une telle distinction). Historiquement, le clergé a constitué dans certaines religions et suivant les époques une force politique, un instrument de pouvoir politique, voire un État dans lÉtat. Ces relations entre ces pouvoirs distincts peuvent sexprimer plus ou moins fortement : dune exclusion ou influence mineure du pouvoir religieux (et des valeurs religieuses) sur lorganisation et le gouvernement dune société, jusquà la domination de lorganisation de la société par la religion et ses représentants (théocratie, par exemple).Cette question est celle du cléricalisme: dans quelle mesure les clercs, cest-à-dire les membres de linstitution religieuse, peuvent ou doivent-ils avoir en même temps un pouvoir politique? La pensée catholique en fait remonter lorigine à la parole de Jésus-Christ, « il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (). Cette question se prolonge traditionnellement dans la pensée occidentale, à travers la distinction entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, ou bien la distinction entre pouvoir religieux et politique (par exemple au , chez Thomas d'Aquin) ou bien plus récemment autour des concepts modernes de « laïcité », de séparation de lÉglise et de lÉtat, (loi de 1905 en France, sous la III République).
Le lien entre religion et pouvoir politique peut prendre un aspect répressif dans les sociétés où la norme est dappartenir à un groupe religieux: une attaque contre la religion peut alors être sanctionnée comme blasphème, et quand lhérésie est pénalement sanctionnée, des tribunaux spécialisésCest le cas historiquement de linquisition ou de tribunal islamique. peuvent être amenés à juger de lorthodoxie des membres du groupe par rapport à des critères purement religieux.
Identité religieuse :
La socialisation dun individu repose toujours sur une appropriation des normes et des valeurs dun groupe auquel il se rattache. Quand ce groupe est religieux, la religion fournit une identité collective : une manière de se comporter en groupe, de se reconnaître.La socialisation qui se produit par lappartenance et lidentification à un groupe conduit parfois à rejeter et dévaloriser ceux qui ne sont pas membres du groupe; et quand la socialisation se fait autour dune identité religieuse, le rejet et la condamnation de lautre peut parfois prendre le caractère dun extrémisme religieux.
Dans certains cas, les religions peuvent interférer avec les nations (et de façon plus générale avec tout groupe dhommes) de telle sorte quelles ont souvent besoin dun ennemi pour se fédérer et se construire. Cette logique identitaire est capable dalimenter des conflits pouvant aboutir à une guerre de religion. Les civilisations ont entre elles des relations quelquefois conflictuelles, lune des raisons pouvant être religieuse du fait des différences de croyances. Cest dans cette mesure que Daniel Lindenberg en vient à se poser la question de savoir si les religions « sont naturellement intolérantes ». Dans pratiquement toutes les grandes religions, la doctrine et les responsables religieux condamnent officiellement toute forme de violence commise au nom de la religion; mais inversement, il est fréquent de trouver des arguments à caractère religieux dans les discours de meneurs. Le caractère véritablement religieux de tels troubles prête donc à discussion, suivant que lon retient que la composante religieuse est présente dans les troubles, ou quelle na été quinstrumentalisée pour une fin qui lui est en réalité étrangère.
Le dialogue inter-religieux vise à harmoniser les relations entre religions.
Religion et Art :
- « Lart et la religion ne sont pas deux choses, mais plutôt lenvers et lendroit dune même étoffe. » Alain, Préliminaires à la mythologie.
Dans certaines sociétés, le concept dart est indissociable de celui de religion, lart se définissant en partie par des fonctions rituelles dans la pratique religieuse : on peut prendre comme exemple les uvres de lart africain traditionnel (arts premiers). Selon Henri Bergson, lart religieux (musique sacrée, peinture religieuse, architecture religieuse, danse sacrée) ne se construit pas par rapport à un art profane indépendant. Dans l'histoire, il n'existe pas d'exemple d'art indépendant d'une pratique rituelle à son origine. La technique artistique y est utilisée pour évoquer et renforcer tel ou tel type de sentiment religieux. Dans ce cadre, elle acquiert une certaine maturité, et prend par la suite son autonomie en devenant un art profane.
Lart véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre. En effet, la religion, dans toutes ses manifestations, est mêlée dart : poèmes mystiques, églises, mosquées et temples, danses, objets sacrés, représentations picturales, tout ce qui touche à la religion a été, à un moment ou à un autre, sujet pour un artiste. De ce fait, les thèmes religieux ont toujours été une inspiration pour les artistes et celui-ci véhicule une partie des traditions, valeurs et concepts religieux, contribuant à les entretenir et les répandre, parfois à les façonner.
La religion influence lart (littérature, peinture, sculpture), linspire (par exemple à travers des icônes religieuses) ou en restreint lexpression (ce qui est par exemple à lorigine des arabesques). La pratique artistique a dû subir des limitations du fait des autorités religieuses, parfois simplement du fait de leur statut de mécène et de clients. Ces limitations ont pu être vécues comme des contraintes, mais ont parfois été tournées à leur avantage par les artistes : linterdiction de lopéra a créé loratorio, et linterdit de représentation des êtres vivants dans lislam a provoqué un développement spectaculaire de la calligraphie. Lusage de lart comme moyen de critiquer les religions ou leurs abus ont parfois eu des conséquences dramatiques du fait dextrémistes, comme lassassinat du réalisateur Théo Van Gogh.
Religion et Science :
La pensée religieuse et la pensée scientifique poursuivent des buts différents, mais pas opposés. La science cherche à savoir comment l'univers existe et fonctionne de cette manière. La religion cherche à savoir pourquoi l'univers existe et fonctionne de cette manière. Les conflits entre la science et la religion se produisent dès lors que l'une des deux prétend répondre à la question dévolue à l'autre.Les fonctions du religieux :
La vision des sociologues sur la religion lie phénomènes religieux et structures des sociétés.La caractérisation du fait religieux selon Durkheim : un créateur de lien social :
Émile Durkheim, sociologue français du début du , définit la religion comme « un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, cest-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent" (Les formes élémentaires de la vie religieuse », 1912) En fait, pour Durkheim, le religieux nest en fait que lexpression collective de lattachement au social. Ce qui est sacré dans le religieux nest rien dautre que lexpression de la société en elle-même. Les manifestations du sacré quincarnent les objets de cultes, les rites ainsi que les représentations de natures collectives sont vus comme la vénération du lien social. Dès lors, la religion ne résulte que de la société. « Le principe sacré nest autre chose que la société hypostasiée et transfigurée », toujours selon Durkheim.Critique de la religion :
Critiques classiques :
Les religions laissent rarement indifférent, et peuvent faire lobjet de critiques sur leurs dogmes, leur mode de fonctionnement, leur éventuelle intolérance, etc.Dans lAntiquité gréco-romaine, les philosophes tentaient déjà dexpliquer lorigine des croyances. Ainsi, Lucrèce, dans De natura rerum, émet lhypothèse que les hommes ont inventé les dieux pour expliquer les merveilles et les mystères de la nature : pour comprendre ce quils ne maîtrisaient pas. Critias pensait que la religion (et la crainte des dieux) avait été inventée pour imposer à chacun le respect de la société : discipline, morale, sens du bien et du mal. Les anthropologues, psychologues et sociologues sen tiennent encore pour la plupart à ces deux explications. Pascal Boyer, Et l'homme créa les dieux sappuyant entre autres sur les sciences cognitives et la biologie évolutionniste, y ajoute une explication naturaliste.
Religion et philosophie :
La réflexion philosophique entretient des rapports complexes avec les différentes pensées religieuses. Les philosophes, selon leurs présupposés méthodologiques ou personnels, ont été amenés à soutenir des positions allant de ladhésion à une religion, comme Malebranche, au rejet de toute forme de croyance, comme ce fut le cas du baron d'Holbach. Un certain nombre de domaines sur lesquels la philosophie travaille font aussi partie du champ religieux, comme léthique ou la métaphysique, ce qui a posé des problèmes de cohabitation, en particulier dans lEurope catholique de la renaissanceLes philosophes Grecs eurent eux aussi maille à partir avec les croyances de leur temps, sous le chef du crime dimpiété dont plus dun a dû se défendre..Le point de désaccord entre la philosophie et la religion est principalement celui du statut de la vérité : elle est lobjet dune recherche purement rationnelle pour le philosophe tandis que le croyant pense que la vérité se transmet, et quelle a été, tout au moins en partie, révélée, et quon peut la trouver dans les textes sacrés quil reconnaîtLa lettre encyclique Fides et Ratio de Jean-Paul II se veut un argumentaire du point de vue catholique sur cette épineuse question du statut de la vérité : Texte de lencyclique en français.. Ce qui nempêche pas le croyant de se livrer à une réflexion utilisant les concepts des philosophes, la théologie chrétienne étant née de la rencontre du christianisme naissant et des concepts des philosophes grecs et romains. Malgré cette dichotomie, pendant tout le Moyen Âge européen, il ny a eu de philosophie que chrétienne. Est-ce à dire que la théologie et la philosophie sont solubles lune dans lautre ? Assurément non. Mais comme la philosophie peut sintéresser à des problèmes religieux, la religion peut sintéresser à des problèmes proprement philosophiques, comme le rapport du langage à la réalité et la possibilité de la connaissance humaineOn se souvient que la question « Que puis-je connaître ? » est une des trois grandes questions de la philosophie pour Kant.. La philosophie restera dailleurs longtemps tributaire de la manière dont les théologiens ont posé les questions avant quelle ne retrouve une certaine autonomie. On notera donc limportance pour la philosophie dauteurs comme Anselme de Cantorbery, Duns Scot, Guillaume d'Occam ou Thomas d'Aquin.
Par ailleurs, certains courants philosophiques ont eu tendance à vouloir remplacer le fait religieux. Le déisme pose un dieu créateur mais en refuse linstitution religieuse. Le culte de la Raison (voire de la déesse Raison entendue comme allégorie) fut proposé durant la Révolution française. Le saint-simonisme athée, se nommait lui-même « nouveau christianisme »Claude Henri de Saint-Simon, Nouveau christianisme, éditions de laube, Paris, 2006, 87 p., . ou « religion saint-simonienne ». La « religion de lhumanité » (religion positiviste) dAuguste Comte, était quant à elle sans dieu mais dotée dun catéchisme et dun calendrier. Comte prédisait le remplacement définitif des religions par la science, du fait de la loi des trois états.
Critiques scientifiques :
La religion, lorsquelle se présente sous la forme de dogmes, a été et est lobjet de plusieurs types de critiques philosophiques et scientifiques.Les critiques rationalistes, comme celle de Bertrand Russell ou de Lucrèce, estiment que toute religion répond en premier lieu à un sentiment de peur (peur de la nature, de la mort), quelle est favorisée par lignorance, et quelle se construit sur des valeurs qui conduisent à des pratiques cruelles et arbitraires qui entravent tout progrès dans le bien-être de lhumanité.
La plupart des grandes religions ont été conçues à des époques qui ne disposaient pas des connaissances qui ont été acquises depuis lors. Certaines connaissances que lon trouve par exemple dans le Bible (le lapin rumine, le soleil tourne autour de la Terre, lunivers a été crée en 6 jours et est âgé de quelques milliers dannées) sont depuis devenues obsolètes ou fausses. Or, dans certains cas, ce sont des textes considérés comme sacrés, donc vrais, qui sont ainsi remis en cause par les sciences : en conséquence de quoi, la validité de ces textes devient sujette à caution.
Une autre difficulté, soulevée par les sceptiques, Ceux de lAntiquité (cf. Sextus Empiricus), comme les modernes). est que si les dogmes des différentes religions ne sont pas compatibles entre eux, il sen suit que toutes les religions sont fausses, sauf peut-être une. Dans tous les cas, la conclusion de ce raisonnement rationaliste est que des milliards dêtres humains sont ou ont été dans lerreur du fait de leurs croyances religieuses.
En tant quensemble de croyances qui doivent être crues, la religion est une source dintolérance morale et scientifique : elle ne connaît pas le doute, et fonde parfois sur son caractère absolu son rejet des connaissances nouvelles. Cette disposition desprit, qui soppose dans certains cas à la recherche (par exemple, le christianisme sest opposé à un grand nombre de sciences des temps modernes : interdiction de lanatomie, refus de lhéliocentrisme et de lévolutionnisme) peut conduire à brûler ses adversaires, à les torturer ou à les contraindre à se rétracter. (cf. Vanini, Galilée). Pour les rationalistes comme Bertrand Russell, ou pour des critiques de la religion comme Nietzsche, si les religions contemporaines se présentent sous des formes plus tolérantes, ce nest pas du fait de progrès voulus, mais parce que les sciences les ont contraintes à réviser leurs dogmes.cf. Bertrand Russell, La religion a-t-elle contribué à la civilisation ? Ceci étant, la religion n'a pas le monopole du politiquement correct, comme le montrent les nombreux exemples de luttes contre la dissidence et d'intolérances morale et scientifique dans les régimes ou des sociétés athées.
Du point de vue de léducation et des sociétés, quand une religion repose sur des dogmes que lon ne peut remettre en cause sous peine dhérésie, elle tend à maintenir des populations dans lignorance : le libre examen et linstruction sont proscrits (par exemple létude de la médecine ou de la météorologie est assimilée à de la sorcellerie) au profit du seul apprentissage de textes dits sacrés (Bible, Coran). Cet obscurantisme favorise les mouvements de foules hystériques, comme les chasses aux sorcières ou linterprétation de faits naturels, aujourdhui expliqués par les sciences, comme des châtiments divins ou des interventions diaboliques (exemple de la comète de Halley).
Du point de vue de la psychologie, dans certaines religions qui tendent à contrôler la sexualité des croyants, de fortes souffrances morales sont associées aux pulsions, ces souffrances étant appelées culpabilité. Quand des comportements dits "déviants" sont menacés de peines infernales et éternelles, la religion nourrit un climat de terreur psychologique.cf. Nietzsche, LAntéchrist. Cest pourquoi, les religions qui favorisent la culpabilité sont accusées dentretenir la misère terrestre et de refuser tout bonheur à lêtre humain.cf. Bertrand Russell, Science et religion.
Liberté de religion :
La liberté de religion est le droit de choisir et de pratiquer sa religion. Il implique également le droit de changer de religion. On la distingue parfois de la liberté de conscience qui comprend également le droit à lathéisme. Le fait de pouvoir choisir sa religion est considéré aujourdhui comme un droit fondamental. Le respect de ce droit est un indicateur du respect des libertés individuelles. Dans certains pays, les principes de la liberté de conscience, bien quaffichés, peuvent être plus ou moins entravés. En Malaisie, par exemple, la liberté de religion est inscrite dans la constitution, mais des dispositions légales interdisent en fait aux musulmans dabandonner lislam.Le terme religieux apostat désigne d'anciens fidèles qui ont délaissé ou renié les liens les unissant à cette religion. Ces gens peuvent être des non-croyants ou des convertis à une autre religion.
Bibliographie :
- Michel Malherbe, Les religions de l'humanité. Criterion (ISBN 2-7413-0043-7)
Voir aussi :
Portails de Wikipédia :
La complexité du fait religieux fait l'objet de nombreux "portails" sur wikipédia :- Le portail Théopédia est consacré aux religions et croyances.
- Ce portail est destiné à faciliter la navigation entre tous les articles consacrés à la religion chrétienne comme à ses différentes branches.
- Lien explicatif vers la civilisation arabo-musulmane.
- Le bouddhisme est l'un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au
- Le portail de la philosophie.
Liens internes :
| q | Religion |
|---|---|
| wikt | religion |
| commons | Category:Religion |
- Monothéisme
- Athéisme
- Laïcité
- Critique de la religion
- Clergé
- Fondamentalisme
- Polythéisme
- Obscurantisme
- Foi
- Agnosticisme
Liens externes :
- Les religions dans le monde
- Présentation des religions antiques
- Expansion des religions principales dans le monde
- Les religions sur la scène mondiale Série de séminaires universitaires en ligne sur Religion et Mondialisation / Tensions religieuses au Moyen-Orient / Changements religieux en Asie / Fondamentalisme et Sécularisation en Amérique du Nord.