Paganisme
en: Paganismde: Heidentumes: Paganoit: Paganesimo
Paganisme est un terme générique qui désigne depuis l'empereur Théodose les religions dites païennes c'est-à-dire non-monothéistes. Aujourd'hui, ce terme à connotation parfois péjorative est encore utilisé par les monothéistes, mais les laïcs lui préfèrent "polythéisme" et/ou "animisme".
À l'heure actuelle, le terme est de moins en moins utilisé en occident, où l'on parle plutôt « d'autres religions » ou « d'incroyants ». La déchristianisation dans les pays occidentaux s'est accompagnée de la renaissance ou de l'apparition de courants religieux ou philosophiques très divers et souvent désignés par le terme générique « néo-paganisme ». On regroupe alors sous ce terme l'ensemble de croyances ou philosophies nouvelles ou renaissantes qui ne s'appuient pas sur le judéo-christianisme. On constate donc que là encore, la filiation avec le judéo-christianisme est le critère d'attribution du terme.
Il s'agit parfois de religions naturelles, c'est-à-dire basé sur le culte de la Nature, ou Cosmos, réalité englobante sacrée d'où proviennent les dieux et les hommes et au sein de laquelle dieux et hommes évoluent et se rencontrent dans un rapport différencié, mais en l'absence de toute transcendance ou de tout commencement absolu. Les dieux et les autres entités spirituelles sont immanents au monde et à l'homme qui participe souvent d'ailleurs de ce domaine sacré par son origine ou une part de sa constitution.
Dans le domaine philosophique, on considère souvent que la pensée de Nietzsche est un des fondements du néo-paganisme car directement opposée au judéo-christianisme, bien que Nietzsche n'ait voulu fonder aucune religion ni idéologie.
La crédibilité du néo-paganisme a souffert de ce qu'au début du , il a été utilisé par les idéologies fascistes et nazies comme un moyen de lutte contre le christianisme par le biais du culte de la force, de la virilité, du chef, de l'État: autant de cultes condamnés par les encycliques « Non abbiamo bisogno » en 1931, contre le culte de l'État fasciste et « Mit brennende Sorge » en 1937, contre le culte du chef et de la race, précision importante car elle montre que la renaissance d'un courant païen a aussitôt rallumé la vieille lutte christianisme contre paganisme.
Aujourd'hui, les néo-paganismes, car il faut bien utiliser le terme au pluriel, sont surtout par exemple, des courants de pensée New Age, tout comme des renaissances druidiques ou de cultes germaniques, indépendants et indifférents au judéo-christianisme mais aussi des courants satanistes où au contraire, l'opposition au judéo-christianisme peut être recherchée.
Dans le premier cas, les chrétiens se considèrent comme des soldats du Christ (les païens étant alors ceux qui sont exclus de cette arméeImpies et païens entre Antiquité et Moyen Âge, sous la dir. Lionel Mary et Michel Sot, Paris, Picard, 2002 ; ISBN : 2-7084-0670-1). Tertullien (v.150~v.230) valorise les milites christi, « les soldats du Christ, les chrétiens » contre les pagana fides « ceux qui croient au pays, les fidèles de la religion impériale »De corona militis, De la couronne du soldat, 11, Apud hunc tam miles est paganus fidelis quam paganus est miles fidelis, « Avec lui, le citoyen croyant devient soldat, et civil celui qui croit à l'armée. ». C'est la référence morale de l'« Opus dei » catholique, de l'« Armée du Seigneur » orthodoxe et de l'« Armée du salut » protestante, ainsi que des anciens ordres de moines-soldats.
Dans le second cas, les chrétiens sont identifiés aux citoyens romains vivant en collectivité (et « paganus », dans le sens d' « homme du pays », d'« indigène » non-citoyen conservant les religions antérieures, apparaît dans la langue littéraire à la fin du IVe siècle, sans quil y ait de connotation dépréciative). Le premier auteur à utiliser « paganus » est Marius VictorinusImpies et païens entre Antiquité et Moyen Âge, sous la dir. Lionel Mary et Michel Sot, Paris, Picard, 2002 ; ISBN : 2-7084-0670-1. « Paganus » fonctionne toujours en rapport dopposition à l'idée d'association, de collectivité, de communauté, et cest à travers cela quil faut chercher lorigine du sens médiéval de païen. D'ailleurs, le paganisme n'était pas spécifiquement rural et il est resté longtemps bien ancré dans les villes et fort répandu dans les élites intellectuelles. C'est le cas en particulier à Rome où le Sénat était encore à majorité païenne sous Théodose Ier. Ce n'est donc pas au sens de « paysan » que paganus a été utilisé dans le domaine religieux. Jusqu'à une époque assez tardive, une bonne partie du clergé chrétien des régions occidentales est d'origine orientale et souvent rurale : grecque, syrienne, égyptienne, et « paganus » ne semble donc pas sopposer pas à urbanus et nest pas un synonyme de rusticus. Le terme na rien à voir avec le monde paysan, sauf en de rares cas, comme chez Paul Orose.
Philastrius utilise ce terme en donnant une explication qui confirme quà la fin du IVe siècle « Paganus » est un équivalent d« Hellène » (terme par lequel les Grecs du moyen-âge désignaient leurs ancêtres polythéistes, alors qu'eux-mêmes se définissaient comme Rhômaioi: "Romées", signifiant : « Romains chrétiens »). Chez St-Augustin, on trouve un rapprochement entre "pagani" et "gentiles", mais, en général lévêque dHippone emploie paganus sans explication, pour désigner les non-chrétiens. Dans le code de Théodose II, empereur romain d'orient, en (409), païen remplace définitivement l'ancien terme de "gentils", pour désigner toutes les croyances non-chrétiennesDictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, dictionnaires Le Robert. Dans le code Théodosien, au titre De paganis sacrificiis et templis, il est écrit quil faut détruire les lieux de culte païens avec toutes leurs idoles (une perte inestimable du point de vue artistique).
Il n'existait pas de mot pour désigner l'ensemble des religions, bien que l'Empire romain eût consolidé les échanges de toute nature entre ces peuples.
D'autres religions encore existaient, au nord de l'Europe, en Orient ou Extrême-Orient, en Afrique, etc.
Au travers des millénaires, deux caractères semblent constants dans ces religions : le polythéisme, cest-à-dire la croyance en plusieurs dieux, et la tolérance pour les dieux des autres, assortie d'emprunts fréquents. Isis avait par exemple son temple à Rome, et les Césars les leurs à Alexandrie.
Dans le monde méditerranéen, la première dissonance devait venir des Hébreux qui étaient monothéistes. La Judée était une province romaine bien particulière, avec son pouvoir religieux articulé au pouvoir politique de Rome, dont la Bible raconte les démêlés. Les juifs ne reconnaissaient pas les autres dieux, ni la divinité de César. César s'en accommodait, le Peuple élu étant forcément limité et peu prosélyte.
Puis vint le christianisme. Articulée sur la foi des Israélites et l'Ancien Testament, cette religion excluait aussi la reconnaissance de tout autre dieu. Le mithraïsme récent, monothéiste aussi, n'avait pas cette exclusivité. Ouvert à tous, le christianisme ne tarda pas à devenir majeur, à se doter d'une Église puis à compter des empereurs dans ses rangs. De son émergence à la conquête du pouvoir suprême, l'affaire prendra à peine trois siècles.
Le « paganisme » désigna alors toutes les religions connues, autres que le christianisme, que pratiquaient les « païens ». L'étymologie du mot montre l'intention péjorative comme le seront les mots « mécréant » ou « infidèle » pour les musulmans. Seuls les juifs hébraïques, qui partageaient le même Dieu, gardèrent une identité distincte.
En 391 et 392, le mot est utilisé officiellement dans la législation par Théodose Ier, empereur romain chrétien, pour interdire ces religions dans tout l'Empire, déjà chrétien depuis 380. Puis viendront, au début du , les destructions massives et les pillages, quelques massacres auxquels ces religions éparpillées, non cléricales et non dogmatiques, ne survivront guère.
Ce mot, inventé par une minorité pour désigner une majorité, devint ainsi progressivement le qualificatif d'une minorité, supposée fruste et rurale, donc inculte. Le mot s'élargit ensuite aux musulmans, puis dépassant le seul champ de la religion, qualifiant aussi des pratiques sociales que la morale chrétienne réprouvait. Même élargi, il reste un point de vue chrétien.
Bien que le christianisme, religion officielle et unique de l'Empire romain depuis 380, s'étende ensuite largement en Europe (Charlemagne, Saint-Empire Romain Germanique, etc.), des cultes et pratiques païens ont encore lieu les siècles suivants, mais la clandestinité devient une question de survie. Dans ces conditions, l'absence de textes sacrés, la tradition orale, le secret des cultes contribueront à faire disparaître ces religions anciennes. Quelques « fêtes traditionnelles » de nos campagnes existent encore de nos jours, mais n'ont plus de signification religieuse. Notre bûche de Noël est une survivance païenne, comme le Carnaval, etc.
Depuis la Renaissance européenne (XVIe), le paganisme a été revendiqué par les humanistes comme un retour à la culture antique. Le romantisme (XIXe) y a cherché un renouveau celtique. Le paganisme recouvre donc plusieurs religions dans leurs rapports avec le christianisme, généralement des polythéismes indo-Européens.
Des résurgences religieuses auront lieu en Europe, des « néo-paganismes », notamment à la Renaissance, mais aussi au (germanisme, celtisme, etc.), et encore de nos jours : Wicca, Asatru, YSEE, etc.
De nos jours, on qualifie aussi de paganisme, du moins avec le regard de la culture chrétienne d'Europe, des religions lointaines qui n'ont jamais participé à la fondation du mot, comme l'hindouisme.
Dans le cadre de la mondialisation, les mouvements néo-païens modernes ont fait leur jonction en 1998 avec les autres religions polythéistes, au sein du Congrès mondial des religions ethniques (WCER), et espèrent être reconnus. À une époque ou le développement de l'Islam en Europe remet en question les équilibres établis depuis le , réduisant les monothéismes reconnus à faire cause commune, le propos n'est plus utopique.
Il y avait des cultes des morts chez les Arabes, mais ils sont mal connus. Les tombeaux étaient des lieux saints et on y accomplissaient des rituels de vénération ou propitiatoires. Le site le plus important était déjà celui de la Kaaba qui faisait partie d'un circuit de pélerinages sacrés chez les Arabes, circuit que l'Islam a partiellement repris à son compte. De même que le Christ affirmait "accomplir" et non "remplacer" la Loi de l'Ancien Testament, Muhammad affirmait que l'entendement des religions et des rituels antérieurs vient par l'Islam qui doit transcender et unifier ces croyances et ces rituels.
be-x-old:
Sémantique :
Dans le judaïsme ancien, les païens étaient tous ceux qui ne reconnaissaient pas le Dieu d'Israël, les "Goyim", "Nations" ou "Gentils" qui ne connaissaient pas le culte du « seul vrai Dieu » . C'est donc un terme générique qui n'entend pas définir mais désigner globalement. Les chrétiens considèrent que les Évangiles, s'appuyant sur l'Ancien Testament, développent et ne contredisent pas le judaïsme : pour eux, le christianisme est donc l'héritier du judaïsme. Cette conception est illustrée par la phrase du Christ : « je ne suis pas venu contredire la Loi (de Moïse), je suis venu la parfaire » (ou: « l'accomplir » selon les traductions). De même, l'épisode de la Transfiguration (Évangile selon Saint Mathieu, XVII, 1-9) où Jésus apparaît entouré de Moïse (symbole de la Loi) et d'Elie (symbole des prophètes) présente Jésus et son enseignement comme une continuité de l'enseignement du judaïsme. L'islam non plus ne récuse pas l'enseignement des prophètes antérieurs à Muhammad, qui sont présentés dans le Coran et la Sunna comme des précurseurs du Prophète. Par conséquent, les trois monothéismes ont hérité de la notion de païen: d'ailleurs les croyants de chacun l'ont parfois appliquée à ceux des deux autres.Évolution du sens du mot :
Dans la langue courante, le sens et la valeur du mot païen sont contrastés. « Paganisme » désigne, entre-autres, les religions que pratiquaient les Grecs, les Romains et les Arabes avant le christianisme et l'Islam. Dans certaines acceptions chrétiennes, « paganisme » désigne uniquement les religions non-monothéistes, du fait de l'inspiration que ces dernières puisent toutes trois dans l'Ancien Testament. Cependant, tous les chrétiens n'adhèrent pas à cette vision : certains considèrent que la Révélation se terminant avec l'Évangile, l'Islam se situe en dehors d'elle et relève donc du paganisme. De même, parmi les musulmans, certains désignent sous le nom de « paganisme » tout ce qui ne relève pas strictement des hadith, y compris les mouvements "dissidents" de l'islam tels les baha'i, les druzes ou les yézidis. Chez certains croyants, « paganisme » peut également désigner l'athéisme ou être synonyme de « mécréant ».À l'heure actuelle, le terme est de moins en moins utilisé en occident, où l'on parle plutôt « d'autres religions » ou « d'incroyants ». La déchristianisation dans les pays occidentaux s'est accompagnée de la renaissance ou de l'apparition de courants religieux ou philosophiques très divers et souvent désignés par le terme générique « néo-paganisme ». On regroupe alors sous ce terme l'ensemble de croyances ou philosophies nouvelles ou renaissantes qui ne s'appuient pas sur le judéo-christianisme. On constate donc que là encore, la filiation avec le judéo-christianisme est le critère d'attribution du terme.
Il s'agit parfois de religions naturelles, c'est-à-dire basé sur le culte de la Nature, ou Cosmos, réalité englobante sacrée d'où proviennent les dieux et les hommes et au sein de laquelle dieux et hommes évoluent et se rencontrent dans un rapport différencié, mais en l'absence de toute transcendance ou de tout commencement absolu. Les dieux et les autres entités spirituelles sont immanents au monde et à l'homme qui participe souvent d'ailleurs de ce domaine sacré par son origine ou une part de sa constitution.
Dans le domaine philosophique, on considère souvent que la pensée de Nietzsche est un des fondements du néo-paganisme car directement opposée au judéo-christianisme, bien que Nietzsche n'ait voulu fonder aucune religion ni idéologie.
La crédibilité du néo-paganisme a souffert de ce qu'au début du , il a été utilisé par les idéologies fascistes et nazies comme un moyen de lutte contre le christianisme par le biais du culte de la force, de la virilité, du chef, de l'État: autant de cultes condamnés par les encycliques « Non abbiamo bisogno » en 1931, contre le culte de l'État fasciste et « Mit brennende Sorge » en 1937, contre le culte du chef et de la race, précision importante car elle montre que la renaissance d'un courant païen a aussitôt rallumé la vieille lutte christianisme contre paganisme.
Aujourd'hui, les néo-paganismes, car il faut bien utiliser le terme au pluriel, sont surtout par exemple, des courants de pensée New Age, tout comme des renaissances druidiques ou de cultes germaniques, indépendants et indifférents au judéo-christianisme mais aussi des courants satanistes où au contraire, l'opposition au judéo-christianisme peut être recherchée.
Étymologie :
L'origine du terme paganus est elle-même sujette à polémique. Pour certains, paganus signifiait civil; pour d'autres: paysan.Dans le premier cas, les chrétiens se considèrent comme des soldats du Christ (les païens étant alors ceux qui sont exclus de cette arméeImpies et païens entre Antiquité et Moyen Âge, sous la dir. Lionel Mary et Michel Sot, Paris, Picard, 2002 ; ISBN : 2-7084-0670-1). Tertullien (v.150~v.230) valorise les milites christi, « les soldats du Christ, les chrétiens » contre les pagana fides « ceux qui croient au pays, les fidèles de la religion impériale »De corona militis, De la couronne du soldat, 11, Apud hunc tam miles est paganus fidelis quam paganus est miles fidelis, « Avec lui, le citoyen croyant devient soldat, et civil celui qui croit à l'armée. ». C'est la référence morale de l'« Opus dei » catholique, de l'« Armée du Seigneur » orthodoxe et de l'« Armée du salut » protestante, ainsi que des anciens ordres de moines-soldats.
Dans le second cas, les chrétiens sont identifiés aux citoyens romains vivant en collectivité (et « paganus », dans le sens d' « homme du pays », d'« indigène » non-citoyen conservant les religions antérieures, apparaît dans la langue littéraire à la fin du IVe siècle, sans quil y ait de connotation dépréciative). Le premier auteur à utiliser « paganus » est Marius VictorinusImpies et païens entre Antiquité et Moyen Âge, sous la dir. Lionel Mary et Michel Sot, Paris, Picard, 2002 ; ISBN : 2-7084-0670-1. « Paganus » fonctionne toujours en rapport dopposition à l'idée d'association, de collectivité, de communauté, et cest à travers cela quil faut chercher lorigine du sens médiéval de païen. D'ailleurs, le paganisme n'était pas spécifiquement rural et il est resté longtemps bien ancré dans les villes et fort répandu dans les élites intellectuelles. C'est le cas en particulier à Rome où le Sénat était encore à majorité païenne sous Théodose Ier. Ce n'est donc pas au sens de « paysan » que paganus a été utilisé dans le domaine religieux. Jusqu'à une époque assez tardive, une bonne partie du clergé chrétien des régions occidentales est d'origine orientale et souvent rurale : grecque, syrienne, égyptienne, et « paganus » ne semble donc pas sopposer pas à urbanus et nest pas un synonyme de rusticus. Le terme na rien à voir avec le monde paysan, sauf en de rares cas, comme chez Paul Orose.
Philastrius utilise ce terme en donnant une explication qui confirme quà la fin du IVe siècle « Paganus » est un équivalent d« Hellène » (terme par lequel les Grecs du moyen-âge désignaient leurs ancêtres polythéistes, alors qu'eux-mêmes se définissaient comme Rhômaioi: "Romées", signifiant : « Romains chrétiens »). Chez St-Augustin, on trouve un rapprochement entre "pagani" et "gentiles", mais, en général lévêque dHippone emploie paganus sans explication, pour désigner les non-chrétiens. Dans le code de Théodose II, empereur romain d'orient, en (409), païen remplace définitivement l'ancien terme de "gentils", pour désigner toutes les croyances non-chrétiennesDictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, dictionnaires Le Robert. Dans le code Théodosien, au titre De paganis sacrificiis et templis, il est écrit quil faut détruire les lieux de culte païens avec toutes leurs idoles (une perte inestimable du point de vue artistique).
Histoire du concept :
Dans les limites géographiques du monde antique, centré sur la Méditerranée, de nombreuses religions ont existé. En Mésopotamie, en Égypte, en Grèce puis à Rome, les divinités étaient multiples, locales ou importées. Les divinités archaïques, souvent agrestes ou chthoniennes, ont évolué vers des divinités plus humaines, policées, dont les Olympiens sont le meilleur exemple.Il n'existait pas de mot pour désigner l'ensemble des religions, bien que l'Empire romain eût consolidé les échanges de toute nature entre ces peuples.
D'autres religions encore existaient, au nord de l'Europe, en Orient ou Extrême-Orient, en Afrique, etc.
Au travers des millénaires, deux caractères semblent constants dans ces religions : le polythéisme, cest-à-dire la croyance en plusieurs dieux, et la tolérance pour les dieux des autres, assortie d'emprunts fréquents. Isis avait par exemple son temple à Rome, et les Césars les leurs à Alexandrie.
Dans le monde méditerranéen, la première dissonance devait venir des Hébreux qui étaient monothéistes. La Judée était une province romaine bien particulière, avec son pouvoir religieux articulé au pouvoir politique de Rome, dont la Bible raconte les démêlés. Les juifs ne reconnaissaient pas les autres dieux, ni la divinité de César. César s'en accommodait, le Peuple élu étant forcément limité et peu prosélyte.
Puis vint le christianisme. Articulée sur la foi des Israélites et l'Ancien Testament, cette religion excluait aussi la reconnaissance de tout autre dieu. Le mithraïsme récent, monothéiste aussi, n'avait pas cette exclusivité. Ouvert à tous, le christianisme ne tarda pas à devenir majeur, à se doter d'une Église puis à compter des empereurs dans ses rangs. De son émergence à la conquête du pouvoir suprême, l'affaire prendra à peine trois siècles.
Le « paganisme » désigna alors toutes les religions connues, autres que le christianisme, que pratiquaient les « païens ». L'étymologie du mot montre l'intention péjorative comme le seront les mots « mécréant » ou « infidèle » pour les musulmans. Seuls les juifs hébraïques, qui partageaient le même Dieu, gardèrent une identité distincte.
En 391 et 392, le mot est utilisé officiellement dans la législation par Théodose Ier, empereur romain chrétien, pour interdire ces religions dans tout l'Empire, déjà chrétien depuis 380. Puis viendront, au début du , les destructions massives et les pillages, quelques massacres auxquels ces religions éparpillées, non cléricales et non dogmatiques, ne survivront guère.
Ce mot, inventé par une minorité pour désigner une majorité, devint ainsi progressivement le qualificatif d'une minorité, supposée fruste et rurale, donc inculte. Le mot s'élargit ensuite aux musulmans, puis dépassant le seul champ de la religion, qualifiant aussi des pratiques sociales que la morale chrétienne réprouvait. Même élargi, il reste un point de vue chrétien.
Bien que le christianisme, religion officielle et unique de l'Empire romain depuis 380, s'étende ensuite largement en Europe (Charlemagne, Saint-Empire Romain Germanique, etc.), des cultes et pratiques païens ont encore lieu les siècles suivants, mais la clandestinité devient une question de survie. Dans ces conditions, l'absence de textes sacrés, la tradition orale, le secret des cultes contribueront à faire disparaître ces religions anciennes. Quelques « fêtes traditionnelles » de nos campagnes existent encore de nos jours, mais n'ont plus de signification religieuse. Notre bûche de Noël est une survivance païenne, comme le Carnaval, etc.
Depuis la Renaissance européenne (XVIe), le paganisme a été revendiqué par les humanistes comme un retour à la culture antique. Le romantisme (XIXe) y a cherché un renouveau celtique. Le paganisme recouvre donc plusieurs religions dans leurs rapports avec le christianisme, généralement des polythéismes indo-Européens.
Des résurgences religieuses auront lieu en Europe, des « néo-paganismes », notamment à la Renaissance, mais aussi au (germanisme, celtisme, etc.), et encore de nos jours : Wicca, Asatru, YSEE, etc.
De nos jours, on qualifie aussi de paganisme, du moins avec le regard de la culture chrétienne d'Europe, des religions lointaines qui n'ont jamais participé à la fondation du mot, comme l'hindouisme.
Dans le cadre de la mondialisation, les mouvements néo-païens modernes ont fait leur jonction en 1998 avec les autres religions polythéistes, au sein du Congrès mondial des religions ethniques (WCER), et espèrent être reconnus. À une époque ou le développement de l'Islam en Europe remet en question les équilibres établis depuis le , réduisant les monothéismes reconnus à faire cause commune, le propos n'est plus utopique.
Le concept :
- « Païen » est donc à l'origine un concept spécifiquement chrétien qui désignait tous ceux qui, mis à part les juifs (pour des raisons évidentes), ne sont pas chrétiens. Au Moyen Âge encore, la Chanson de Roland appelle « païens » ceux qui sont en réalité des musulmans. Ce concept a donc le défaut de faire un amalgame entre des réalités très diverses et qui, jusqu'à l'époque où le christianisme devint religion officielle (ou quasi officielle), n'étaient nullement perçues par les intéressés comme formant un tout. chez les auteurs chrétiens de l'antiquité Tertullien ou Lactance ou Augustin, le païn est à limage du chien qui renifle, en quête de nourriture ou le chien mord et aboie, comme les païens après les chrétiens: le païen est surtout celui qui est en attente de conversion.
- La question de la transformation des temples païens anglais en églises daprès les instructions de Grégoire le Grand permet de réfléchir au concept de païen. Le terme « paganus » ne se trouve que dans le Registre des lettres du pape où, clairement pagani est synonyme de gentiles. Grégoire , ne considère pas les païens forcément dune façon négative. A l'époque carolingienne, la correspondance dAlcuin révèle un réel souci chez le conseiller de Charlemagne pour la conversion des païens. Lors des campagnes militaires contre les Saxons, il préconise toujours la persuasion, rappelant à plusieurs reprises quon ne saurait donner la foi à un païen par la violence.
- La dénomination de « chiens » pour les païens est une insulte fréquente dans de nombreux textes, en particulier dans le monde germanique et slave, durant le haut Moyen Âge. Cette insulte est encore largement utilisée à la fin du Moyen Âge.
- Néanmoins, du temps a passé depuis cette époque et, vu d'aujourd'hui, le concept n'est pas dépourvu de pertinence (et le mot semble plus commode que les substituts qu'on pourrait lui trouver, « religion traditionnelle », « polythéisme », qui ont eux aussi leurs imperfections), à condition que l'on garde à l'esprit qu'il cerne une réalité multiple. Le paganisme est un terme pratique pour désigner globalement les pratiques religieuses de l'Antiquité (Europe, Proche et Moyen-Orient, Afrique du Nord) en dehors du christianisme et du judaïsme.
- À partir de la sont apparus des mouvements religieux ou philosophiques se réclamant à nouveau du paganisme :
- * le néo-paganisme des humanistes du ;
- * les néo-paganismes celte (néo-druidisme), germanique, scandinave, égyptien (khémitisme) et grec (hellénisme) de la fin du , du .
- Il ne faut pas confondre le paganisme avec l'athéisme. Les païens ont un .
- Le luciferisme est-il un paganisme ? La croyance dans l'existence de démons ou d'un être personnifiant le mal existe dans quasiment toutes les religions qui sont fondées sur l'opposition Bien/Mal. Il ne faut pas confondre culte et croyance : le christianisme enseigne la croyance dans l'existence de Satan mais rejette tout idée de culte qui n'est du qu'à Dieu.
- Quant au satanisme de Anton Szandor LaVey, ne croyant en aucune divinité, mais pensant que l'homme est son seul dieu, ils sont plus difficiles à classer.
Historique :
- 800 av. J.-C. - 750 av. J.-C. : rédaction des textes homériques
- 776 av. J.-C. : création des Jeux olympiques en Grèce
- 753 av. J.-C. : fondation de Rome
- vers 700-600 av. J.-C. : prêche de Zarathoustra (Zoroastre) en Perse
- vers 530 av. J.-C. : mort du roi perse Cyrus le Grand, fidèle de Mithra
- vers 399 av. J.-C. : condamnation à mort de Socrate pour impiété
- 323 av. J.-C. : mort dAlexandre le Grand, fils de Zeus et nouvel Héraclès et Dionysos
- - 303 ss. : chez les stoïciens, identification des dieux avec les forces de la nature
- 167 av. J.-C. : le roi séleucide Antiochos IV Épiphane cherche à convertir les Juifs à lhellénisme, suscitant une guerre ; il veut transformer le temple de Jérusalem en temple de Zeus olympien.
- 65 av. J.-C. : Pompée entre à Jérusalem et entre dans le temple de Salomon, commettant ainsi un acte dimpiété
- 52 av. J.-C. : Crassus sempare des richesses du temple de Salomon pour financer sa guerre contre les Parthes
- 44 av. J.-C. : assassinat de Caius Iulius Caesar (Jules César), fils de Mars et de Vénus
- 21 av. J.-C. : Auguste interdit les cultes orientaux à Rome.
- 8 av. J.-C. : naissance de Yeshua Ben Yosef à Bethléem (Jésus de Nazareth), fils du charpentier Yosef et de son épouse Myriam
- 2 av. J.-C. : construction du Forum Augusti à Rome, au cur duquel se trouve le temple de Mars Vengeur (Ultor)
- 14 : mort de lempereur Auguste
- 19 : l'empereur Tibère interdit le judaïsme en Italie
- 42 : Claude expulse les Juifs de Rome
- 52 : Caligula veut faire placer sa statue dans les synagogues et dans le temple de Salomon ; révolte juive
- 67 : lempereur Néron persécute les Juifs, accusés davoir mis le feu à Rome
- 70 : destruction par les empereurs Vespasien et Titus du temple de Salomon à Jérusalem
- 95 : lempereur Domitien fait condamner des familiers convertis au judaïsme et au christianisme
- 117 : politique antijuive en Égypte et Mésopotamie de lempereur Trajan. Les communautés juives dAlexandrie, de Chypre et de Libye sont décimées.
- 132 : lutte de lempereur Hadrien contre la révolte juive de Bar Koshba ; Jérusalem devient Aelia Capitolina. Les Romains construisent un temple dédié à Jupiter Capitolin sur les ruines du temple de Salomon.
- 135 : les chrétiens abandonnent le nom de Yahweh pour celui de Theos (grec) ou de Deus (latin).
- 251 : lempereur Dèce interdit le christianisme
- 252-259 : lempereur Valérien interdit le christianisme
- 260 : édit de tolérance de Gallien en faveur des chrétiens
- 274 : lempereur Aurélien construit un temple dédié à Sol Invictus à Rome
- 297-301 : conversion du roi arménien Tiridate III par Grégoire l'illuminateur
- 305 : décret dinterdiction du christianisme par lempereur Dioclétien
- 306-312 : lempereur Maxence prend à Rome la tête dun mouvement traditionaliste païen mené par les Prétoriens
- 311 : lempereur Galère tolère le christianisme au moment de sa mort
- 312 : victoire de Constantin Ier sur Maxence lors de la Bataille du pont Milvius ; Constantin attribue sa victoire à Sol Invictus et au dieu chrétien
- 313 : Constantin et Licinius tolèrent le christianisme ; mort de lempereur réformateur païen Maximin Daia
- 314 : conversion du roi d'Albanie (Aghbanie, devenue Azerbaïdjan) Urnayr au christianisme par Grégoire l'Illuminateur.
- 317 : conversion du roi dIbérie (Géorgie) Mirian III et de son épouse Nana par l'évangéliste Nino
- 324 : victoire de Constantin le chrétien sur Licinius le païen
- 337 : mort de lempereur Constantin, baptisé sur son lit de mort
- 337 : conversion du roi dIbérie (Géorgie) Mirian par sainte Nino
- 361-363 : règne de lempereur païen Julien, assassinat de ce dernier probablement par un chrétien
- 365 : règne du païen Procope, cousin de Julien
- 379 : Gratien abandonne le titre païen de pontifex maximus
- 392 : L'empereur byzantin Théodose invente le mot "païen" pour désigner les religions autres que le monothéisme chrétien.
- 392 : décret de Théodose interdisant le paganisme dans tout lempire
- 392-394 : réaction païenne à Rome de lempereur Eugène, du franc Arbogast et du Sénat ; qui est écrasée lors de la bataille de la Rivière froide (Frigidus)
- 394 : interdiction des Jeux olympiques par Théodose
- 399 : destruction du Serapeum (temple de Sérapis) à Alexandrie
- 415 : assassinat par une foule chrétienne de la philosophe néo-platonicienne Hypatie à Alexandrie
- 399-420 : règne de Yazdagard Ier, roi perse prochrétien puis devenu antichrétien et antisémite
- 421 : persécution des chrétiens sous le roi perse Varhran V
- 438-459 : règne de Yazdagard II, roi perse antichrétien et antisémite
- vers 450 : début de la christianisation de lIrlande par le mythique Saint Patrick
- 472-475 : règne de lempereur païen doccident Anthemius
- 476 : bref règne du dernier empereur romain, probablement païen, Romulus Augustule, surnommé Augustulus
- 488 : révolte à Byzance de lisaurien païen Illous avec laide de son ami le poète païen Pamprépios
- 498 : conversion du roi franc Clovis Ier au christianisme
- 529 : lempereur byzantin Justinien interdit lenseignement de la philosophie païenne à Athènes. Les philosophes, dont Damascios et Simplicius de Cilicie, quittent Byzance et sont accueillis à la cour du roi perse Khosro Ier (Khosro Anushirvan).
- 537 : fermeture du temple dIsis à Philae
- 550 : fermeture de lécole philosophique païenne dAlexandrie
- 562 : grande persécution contre les païens de Constantinople
- 565 : mort du dernier roi païen irlandais, Diarmat McCerbaill (restauration païenne de 559-565), et fermeture du sanctuaire druidique de Tara
- 580 : fermeture du temple de Baal Shamin, dieu du ciel, à Baalbek
- vers 650 : fermeture définitive du sanctuaire dAmmon-Rê, assimilé à Zeus depuis Alexandre, à Siwah
- 653 : conquête de la Perse par le calife Omar ; lIslam devient religion officielle et le shah Yazdagard III est assassiné
- vers 650-700 : fin de la christianisation des Anglo-Saxons
- 798 : conversion forcée des Saxons de Witukind par Charlemagne
- vers 840 : révolte des derniers Saxons païens
- vers 850-860 : conversion du roi Boris Ier de Bulgarie
- 889-893 : réaction païenne du roi Vladimir de Bulgarie, fils du précédent
- 652- vers 1000 : résistance païenne iranienne face à lIslam
- à partir de 950 environ : début de la christianisation des Basques
- 950-998 : conversion de la Laconie (autour de Sparte) par larménien Saint Nicôn
- 960 : conversion du roi danois Harald à la Dent bleue
- 966 : conversion du prince polonais Mieszko Ier
- 976 : conversion du roi Boleslaw et de la Bohême
- 978 : mort du roi irlandais Domnal Hua Neill, dernier roi ayant des druides à sa cour
- 989 : conversion du roi russe Vladimir le Rouge
- 995 : début de la christianisation de la Norvège par le roi Olaf Trygvasson
- 999 : conversion de lIslande au christianisme
- 1000 : conversion du roi hongrois Vaîk (Étienne), fils de Geza et petit-fils d'Arpad, fondateur du royaume
- vers 1000 : réaction païenne russe à Novgorod
- 1008 : conversion du roi suédois Olof Skötkonung
- 1037 :
- 1046 :
- vers 1050 : fermeture de lécole philosophique païenne dHarran en Mésopotamie (Carrhae) par les autorités musulmanes
- 1071 : réaction païenne en Russie, à Souzdal et dans plusieurs autres villes, menée par les prêtres païens (volkhvy)
- 1079 : exécution dans lEmpire byzantin du philosophe néo-platonicien Jean Italos
- 1080-1083 : réaction païenne du roi suédois Blot Sven ; à sa mort, assassiné, le temple dUppsala est détruit et remplacé par une église
- 1083- environ 1120 : réaction païenne du suédois Erik, fils de Blot Sven, en Ost Gotland et en Samland (Laponie)
- 1165 : conversion forcée des Finnois par les Suédois
- 1194-1250 : , rejetant personnellement le christianisme. Parution de « Le traité des trois imposteurs », évoquant Moïse, Jésus et Mahomet.
- Vers 1220 : conversion de lEstonie et de la Lettonie par les chevaliers teutoniques
- 1227 : nouvelle réaction païenne à Souzdal. Quatre prêtres païens sont immolés.
- 1238-1248 : révolte païenne finlandaise
- 1261 : apostasie du duc lituanien Mindaugas et réaction païenne
- 1263-1265 : réaction païenne du roi lituanien Trenoita
- 1265-1268 : conversion du roi lituanien Vaisvilkas
- 1270-1282 : réaction païenne du roi Traidenis
- 1316 : conversion du roi lituanien Gediminas
- 1386 : début de la christianisation de la Lituanie par Jogaila (Jagellon)
- 1452 : mort du philosophe grec néo-païen Georges Gémiste Pléthon à Mistra
- vers 1500-1600 : conversion réelle de la Lituanie, mais des noyaux païens subsistent jusquau XXe siècle
Le paganisme arabe :
Le paganisme arabe existait depuis longtemps. Il y avait plusieurs religions préislamiques chez les ArabesIdentités et stratégies politiques dans le monde arabo-musulman. De Laurent Chabry, Annie Chabry. L'Harmattan, 2001 ISBN 2747509052. Page 32 . Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans l'Arabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran révèle plusieurs divinités de cette époque (Allâh, Hubel, Quzeh, Al Lât (féminine), Al Ozzâ, Wadd (l'Amour), Amm, Yagût, Nasr, et d'autres, assimilés aux djinns après l'apparition de l'Islam. Tous les Arabes n'étaient pas des païens: les communautés israélites et chrétiennes (notamment nestorienens) étaient nombreuses en Arabie, et elles ont visiblement inspiré Muhammad qui d'ailleurs a tenu à leur accorder un statut de dhimmis ("Gens du Livre protégés") au sein de l'Islam.Il y avait des cultes des morts chez les Arabes, mais ils sont mal connus. Les tombeaux étaient des lieux saints et on y accomplissaient des rituels de vénération ou propitiatoires. Le site le plus important était déjà celui de la Kaaba qui faisait partie d'un circuit de pélerinages sacrés chez les Arabes, circuit que l'Islam a partiellement repris à son compte. De même que le Christ affirmait "accomplir" et non "remplacer" la Loi de l'Ancien Testament, Muhammad affirmait que l'entendement des religions et des rituels antérieurs vient par l'Islam qui doit transcender et unifier ces croyances et ces rituels.
Notes et références :
Voir aussi :
Bibliographie :
- Marc Auge, Génie du paganisme, Gallimard, Paris, 1982. ISBN : 2-070-23094-5.
- B. Ribémont, «Impies et païens entre Antiquité et Moyen Âge», Cahiers de recherches médiévales, Comptes rendus dans http://crm.revues.org/document268.html.
Liens externes :
- Le passage du paganisme au christianisme, exposé universitaire de Louis Campos.
Liens internes :
- Antiquité tardive
- Néo-paganisme
- Fête païenne
- Mythologie
- Wicca
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