Catholicisme

en: Catholicismde: Katholizismuses: Catolicismo
On appelle catholicisme l'ensemble des dogmes, institutions et préceptes de l'Église catholique romaine, c'est-à-dire telle qu'elle se comprend depuis le concile de Trente (1545-1563) et les conciles cuméniques admis par celui-ci.
 
L'Église catholique se caractérise par la reconnaissance de l'autorité d'un pape, l'évêque de Rome successeur de saint Pierre, et par la communion entre les fidèles. Elle est une Église eucharistique car sa communion repose sur la présence réelle du Christ dans la sainte communion.

 
Le mot « catholicisme » est tiré de l'adjectif grec / katholikós signifiant « général », « universel ». Le mot est apparu tardivement dans la langue française (1598) et n'est devenu courant qu'à partir de 1794 (on lui préférait auparavant le terme de « christianisme »).
 
Selon les chiffres communiqués par Rome et publiés chaque année dans le Britannica Book of the Year, le nombre de catholiques dans le monde augmente dans les mêmes proportions que la population mondiale, avec environ 1 milliard de baptisés dont plus de 600 millions pour le seul continent américain et 250 millions en Europe (ces données englobent les 10 à 12 millions de catholiques orientaux dits uniates).

Dénominations :

Les Églises chrétiennes du premier millénaire s'affirmaient à la fois orthodoxes, puisque conformes selon elles à la « doctrine (doxa) droite (ortho) », et "catholiques", reconnaissant l'universalité de l'unique Église de Jésus-Christ. Dans le cadre religieux chrétien, le mot « catholique » signifie "selon le tout", "universel". Il désigne à la fois la volonté de confesser l'ensemble de la foi (formulée synthétiquement dans le credo ou symbole des apôtres), l'ouverture à la totalité de la foi, sans refuser aucun article.
 
Il semble que la première utilisation du terme dans le christianisme remonte à Ignace d'Antioche dans sa Lettre aux Smyrniotes (vers 112) : « Là où est le Christ Jésus, là est l'Église universelle ». Le Ier concile de Nicée, en 325 établit son symbole, ancêtre du Credo actuel, qui se termine par : « Pour ceux qui disent : Il fut un temps où il n'était pas et Avant de naître, il n'était pas et Il a été créé du néant , ou qui déclarent que le Fils de Dieu est d'une autre substance (hypostasis) ou d'une autre essence (ousia), ou qu'il est soumis au changement ou à l'altération, l'Église catholique et apostolique les déclare anathèmes ».
 
En ce sens, le mot catholique s'oppose au mot hérésie: l'hérésie fait un choix, un tri, et ne conserve pas l'unité organique de la foi chrétienne et son universalité. L'histoire montre que les divisions apparues au sein du christianisme manifestent les dissensions au plan de la foi. L'interprétation de la primauté de Pierre, le statut de l'Ecriture, les sacrements, l'anthropologie, l'ecclésiologie, les spiritualités, les rites sont profondément affectés par des visions divergentes.
 
Le Ier concile de Constantinople (381) reprend cette expression dans « Nous croyons en une seule Église sainte, catholique et apostolique».
 
Toutefois, en 1054, une division apparut au sein du christianisme, non plus sur le plan de la foi comme les hérésies précédentes, mais provoquée par des interférences politiques: ce fut le grand schisme d'Orient qui marque la séparation de l'Église de Rome (en fait toute l'Église d'Occident) et des autres Églises, dites Églises des sept conciles (Jérusalem, Constantinople, Alexandrie et Antioche). Depuis ce schisme, le mot « orthodoxes » désigne les Églises orientales (aujourd'hui surtout grecques, russes, roumaines, bulgares, caucasiennes ou proche-orientales) tandis que les mots « catholique » et « catholicisme » deviendront dans l'usage, l'apanage de la seule Église catholique romaine. Ultérieurement au schisme, des divergences apparurent aussi sur le plan de la foi ou du droit canon, les deux églises évoluant séparément lors de leurs conciles (les divergences les plus connues sont celles du filioque, du purgatoire et du célibat des prêtres, que les Églises orientales n'ont pas adoptées).
 
Certaines Églises orientales (maronite, copte, chaldéenne, grecque, etc.), souvent appelées Églises uniates (le terme est parfois perçu comme péjoratif) se sont unies à Rome après le schisme de 1054 et reconnaissent l'autorité et la primauté du Pape. Leur organisation canonique (y compris par exemple ordination sacerdotale d'hommes mariés) et surtout leur liturgie (rite) ont toutefois conservé des caractères orthodoxes: l'Église "catholique" ne se réduit donc pas à l'Église dite "latine" de rite « ambrosien », etc.).
 
Certaines Églises et communautés chrétiennes postérieures au grand schisme de 1054 conservent le mot « catholique » dans leur dénomination, sans pour autant reconnaître, dans la pratique sinon en théorie, la primauté au pape de Rome :
  • L'Église vieille-catholique, regroupant environ un million de fidèles aux États-Unis, en Pologne, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, etc ;
  • L'Église gallicane se réclamant de la tradition gallicane de l'Église de France et rejetant l'infaillibilité pontificale proclamée en 1870 lors du Concile Vatican I ;
  • Les Églises Catholiques Apostoliques Nationales dont M Charles-Rafaël Payeur est Évêque.
  • L'Ordinariat Catholique Tridentin du Canada fondé par Monseigneur Charles Apestéguy en réponse au peu dintérêt de la Conférence des évêques catholiques du Canada et de lAssemblée des évêques catholiques du Québec à lapplication du Motu proprio Summorum Pontificum du Pape Benoît XVI. http://groups.msn.com/OrdinariatCatholiqueTridentinduCanada

 
Autre schisme dû à des raisons politiques et suivi ultérieurement de divergences doctrinales : l'apparition de l'Église anglicane en 1534.
 
Mais le schisme le plus important en Europe occidentale et centrale, séparation à la fois doctrinale et politique, fut à partir de 1517 la Réforme : depuis lors, le mot « catholique » s'oppose systématiquement, en Europe et en Amérique du Nord, à « protestant ». Le protestantisme est nommé à l'époque par l'Église catholique française : « RPR », « religion prétendue réformée ».

Confessions de foi de l'Église Universelle (avant le schisme de 1054) :

Le symbole de Nicée-Constantinople est issu des travaux d'une suite de conciles cuméniques (assemblées de l'ensemble des évêques) dont le dernier, à Constantinople en 325, contient un article qui dit « Je crois en l'Église une, sainte, catholique (catholique signifiant ici simplement universelle) et apostolique ». Les trois autres conciles cuméniques, réunis en Orient avec la participation des légats du pape et de patriarches orientaux importants tels qu'Athanase et Cyrille d'Alexandrie, s'entendent à définir la foi que partagent alors la grande majorité des chrétiens, d'où seront issues plus tard les Églises dites catholiques et orthodoxes. Ces termes sont utilisés, par simplification, pour distinguer d'une part l'Église romaine et d'autre part les Églises d'Orient relevant des patriarcats de Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie. L'Église romaine d'un côté, comme les Églises d'Orient d'un autre, se considèrent toutes comme héritières légitimes de « l'Église une, sainte, catholique (catholique signifiant ici simplement universelle) et apostolique »: Rome ne reconnaît pas que sa foi ne serait plus orthodoxe ; Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie ne reconnaissent pas avoir perdu la catholicité (l'universalité). Dans les esprits, la distinction Catholique/Orthodoxe ne viendra que beaucoup plus tard et tous les délégués aux quatre premiers conciles cuméniques sont généralement d'accord entre eux, que ce soit de façon spontanée ou sous la pression du pouvoir impérial. Quelques-uns qui ne suivent pas la ligne majoritaire seront à l'origine des Églises dites pré-chalcédoniennes, dont les plus notables sont les Églises nestoriennes et monophysites.
 
À l'origine, les divergences ne sont pas doctrinales mais plutôt l'effet de facteurs politiques (protection de l'Empereur romain de Constantinople, ou bien des Empereurs Carolingiens et Ottoniens d'Occident ?) traduits dans la vie ecclésiale par des questions de préséance entre l'ensemble des patriarches métropolites d'Orient et celui d'Occident. En effet, un canon du premier concile de Nicée prévoit que soient nommés Papes les métropolites (évêques métropolitains) d'Alexandrie, Jérusalem, Antioche et Rome: le siège de la Papauté était donc "tournant" entre ces quatre villes. Ce titre est attesté la première fois pour le métropolite d'Alexandrie, du vivant même de l'apôtre Pierre martyrisé sous le règne de l'empereur Galba. Cependant, le métropolite de Constantinople prend de l'importance à mesure que le pouvoir impérial romain s'y installe, tandis que Rome décline. Constantinople est alors ajoutée sur la liste, mais dès lors, l'évêque de Rome se prévaut, en tant que successeur de Pierre, de la première place parmi les apôtres, que Jésus avait assignée à Pierre selon les Évangiles : il réclame primauté et autorité sur ses collègues à partir de la toute fin du IVe siècle.
 
Une grande majorité des chrétiens d'Occident reconnaissent l'autorité du pape de Rome et de l'Église catholique apostolique et romaine, à laquelle le catholicisme est souvent identifié. Il existe cependant quelques branches du catholicisme qui ne reconnaissent plus cette autorité après s'en être éloignées pour diverses causes (église anglicane, églises réformées).
 
Par ailleurs la question du « Filioque » (un ajout officialisé à l'époque de Charlemagne au symbole de Nicée-Constantinople) matérialise une série de ressentiments entre les christianismes orientaux et occidentaux séparés depuis 1054. Pour les orientaux, un Saint-Esprit ne découlant que de Dieu permet à Celui-ci de sauver toute âme, même non-chrétienne, sans que les chrétiens aient à agir autrement que par la prière. Pour les occidentaux en revanche, le Saint-Esprit découlant aussi du Christ, c'est un devoir impératif de convertir activement les non-catholiques. C'est pourquoi, depuis le schisme, l'église « orthodoxe » n'envoie plus de missionnaires et n'a jamais eu d'inquisition, alors que l'église « catholique » s'est ingéniée à amener le maximum d'âmes possible à son Crédo.

Bibliographie :

  • L'Église des sept Conciles, Timothy Ware, Desclée de Brouwer, Paris, 1997, ISBN 2220040224 (2 éd., 1 éd. en français en 1968)
  • Histoire universelle de l'Église, Johann Alzog : livre ancien à télécharger sur Gallica
  • Histoire universelle de l'Église catholique, René François Rohrbacher: livre ancien à télécharger sur Gallica
  • Pour en finir avec le Moyen-Âge, Régine Pernoud

Voir aussi :

Articles connexes :

  • Église catholique romaine
  • Christianisme
  • Jésus-Christ
  • Bible
  • Protestantisme
  • Orthodoxie
  • Laïcité
  • cuménisme
  • Pères de l'Église
  • Docteur de l'Église
  • Théologiens catholiques
  • École de Salamanque
  • L'Église catholique et les femmes

Liens spécifiques :

Site officiel du Vatican :

Portails catholiques en plusieurs langues :

Liens externes :

Notes et références :