Assomption

en: Assumption of Maryit: Assunzione di Maria
L'Assomption de Marie est un dogme de l'Église catholique romaine selon lequel, au terme de sa vie terrestre, la mère de Jésus aurait été « élevée au ciel ». Le terme assomption provient du verbe latin assumere, qui signifie prendre, enlever.
 
L'Assomption est aussi le nom de la fête catholique célébrant l'assomption de Marie, le 15 août.

Histoire :

Rien n'est dit dans les Évangiles sur la fin de vie de Marie. ; .
 
Quoi qu'il en soit les catholiques ont adopté cette croyance avec ferveur, , . Le 15 août est toujours la fête nationale des Acadiens. En France, elle demeure la fête patronale de nombreux villages, les églises ou cathédrales dédiées à Notre-Dame-de-l'Assomption sont nombreuses, et le 15 août est le jour le plus important de l'année à Lourdes.
 
.

Définition :

Le 1950, l'Assomption de Marie est établi sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. La constitution dogmatique Lumen gentium du concile Vatican II 1964) énonce :
« Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

La Dormition de la Mère de Dieu dans l'Église orthodoxe :

L'Église orthodoxe célèbre, le 15 août, la Dormition de la Mère de Dieu, (parfois aussi appelée Assomption dans les paroisses orthodoxes occidentales), c'est-à-dire sa mort, entourée des apôtres, sa résurrection et sa glorification.Dieu est Vivant, Catéchisme pour les familles, éditions du Cerf, Paris, 2005, p.438 C'est l'une des 12 grandes fêtes de l'Eglise orthodoxe et la dernière du calendrier liturgique (la première étant la Nativité de la Vierge).Les Fêtes et la vie de Jésus Christ, II. La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, Paris, 1989, p.251. Il y est proclamé que Marie a été "élevée par Dieu jusqu'au Royaume céleste du Christ dans la plénitude de son existence, spirituelle autant que corporelle. Marie, selon la tradition de l'Église orthodoxe, serait montée au Ciel dans son corps, ce qu'elle appelle l'AssomptionLes Fêtes et la vie de Jésus Christ, II. La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, Paris, 1989, p.252. de la même manière que l'Église catholique. Cet événement est compris comme les prémices de la résurrection des corps, qui selon la croyance de l'Église orthodoxe, aura lieu lors du Second avènement du Christ, comme l'exprime le théologien Vladimir Lossky : "Si Elle resta encore dans le monde, si Elle se soumit aux conditions de la vie humaine jusqu'à accepter la mort, c'est en vertu de sa volonté parfaite, dans laquelle elle reproduisit la kénose (humiliation) volontaire de son Fils. Mais la mort n'avait plus d'emprise sur Elle : comme son Fils, elle est ressuscitée et montée au Ciel, première hypostase humaine qui réalisa en Elle la fin dernière pour laquelle fut créé le monde."Lossky Vladimir, Essai sur la théologie mystique de l'Église d'Orient, ed. Cerf, Paris, 2006, p.190.
 
La fête est précédée, dans la tradition orthodoxe, d'un carême (c'est-à-dire d'un jeûne) strict de 14 jours (à l'exception du jour de la fête de la Transfiguration, le 6 août, où il est permis de manger du poisson)Les Fêtes et la vie de Jésus Christ, II. La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, , Paris, 1989, p.251..
 
Si la célébration de la Dormition est très proche de la fête catholique de l'Assomption, elle n'en diffère pas moins sur certains points. La différence s'opère précisément par le fait que l'Église catholique associe, dans sa définition de l'Assomption de la Vierge (donnée ci-dessus), le dogme de l'Immaculée conception rejété par l'Église orthodoxe. Selon la tradition orthodoxe, Marie est réellement morte, par la nécessité de sa nature humaine mortelle, liée à la corruption de ce monde après la Chute (en cela elle est solidaire de l'humanité)Les Fêtes et la vie de Jésus Christ, II. La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, Paris, 1989, p.255., et a été ressuscitée par son fils comme la Mère de Vie : de ce fait, elle est considérée comme participant à la vie éternelle du Paradis. L'Église orthodoxe, de ce fait, adresse à la formulation catholique du dogme de l'Assomption les mêmes critiques qu'à celui de l'Immaculée ConceptionMonseigneur Photios et l'archimandrite Philarète, Le nouveau catéchisme contre la Foi des Pères, une réponse orthodoxe, ed. L'âge d'homme, coll. La Lumière du Thabor, 1993, Lausanne, p. 86 à 90 :
  • d'une part il est contraire à la foi des Pères de postuler la Très Sainte Mère de Dieu comme « préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle » : ce serait en faire une personne à part du genre humain, supprimant toute liberté pour la Vierge Mère de dire "non", faisant perdre de ce fait sa valeur salvatrice à la réponse positive qu'elle fit à l'annonce de l'ange Gabriel (Je suis la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon ta Parole !) ;
  • mais surtout postuler la Vierge Marie comme préservée du péché originel, c'est-à-dire sauvée par avance, serait la rendre hors d'atteinte de la mort ce que laisse dans le vague le Catéchisme de l'Église catholique. Monseigneur Photios et l'archimandrite Philarète, Le nouveau catéchisme contre la Foi des Pères, une réponse orthodoxe, ed. L'âge d'homme, coll. La Lumière du Thabor, 1993, Lausanne, p. 87

Aspect liturgiques de la fête :

À la veille de la fête (c'est-à-dire au début du jour liturgique de la fête), des vêpres sont célébrées, contenant trois lectures de l'Ancien Testament, interprétées symboliquement à partir du Nouveau Testament. En Genèse 28:10-17, l'échelle de Jacob qui unit le ciel et la terre désigne l'union de Dieu avec les hommes qui se réalise pleinement et plus parfaitement en Marie portant Dieu en sein. En Ézéchiel 43:27-44:4, la vision du temple dont la porte oriental est perpétuellement fermée et remplie de la gloire du Seigneur, symboliserait la virginité perpétuelle de Marie. Marie est aussi identifié avec la "maison", en Proverbes 9:1-11, que la Divine Sagesse a construit pour elle-même : "La Sagesse de Dieu a bâti en Toi, Vierge Sainte, sa maison - et s'est incarnée dans sa mystérieuse descente - Entre toutes les générations Tu fus l'Élue pure pour être la demeure du Verbe pur"Les Fêtes et la vie de Jésus Christ, Tome II : La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, Paris, 1989, p.259..

Hymnes de la fête :

  • Tropaire (ton 1)
"Dans ta maternité, Tu as gardé la virginité,
Lors de ta Dormition, Tu n'as pas abandonné le monde, ô Mère de Dieu.
Tu es passée à la Vie, Toi qui es la Mère de la Vie.
Sauve nos âmes de la mort, par tes prières !" Les Fêtes et la vie de Jésus Christ, Tome II : La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, Paris, 1989, p.264.
  • Kontakion (ton 2)
"Le tombeau et la mort furent impuissants à saisir la Mère de Dieu
Qui jamais ne se lasse d'intercéder pour nous ;
Elle est notre espérance et notre protection.
Car Elle est la Mère de la Vie,
Elle a été transférée à la vie par Celui qui a demeuré dans son sein virginal."Les Fêtes et la vie de Jésus Christ, Tome II : La Résurrection, édition du Cerf, Catéchèse Orthodoxe, Paris, 1989, p.265.

Le point de vue des autres Églises :

Le protestantisme refuse cette doctrine, ou croyance, qui n'est pas relatée dans les livres, seuls considérés comme inspirés de Dieu par tout le milieu chrétien, et dans laquelle il voit une nouvelle tendance de l'Église catholique à la « mariolâtrie ».

Voir aussi :

Bibliographie :

  • Jean-Claude Michel, L'Assomption de Marie, Éditions des Béatitudes, 1996
  • Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Beauchesne, coll. « Théologie historique », 1997
  • Simon Claude Mimouni, Sever Juan Voicu (s. dir.), La Tradition grecque de la Dormition et de l'Assomption de Marie, Éditions du Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 2003

Articles connexes :

Liens externes :

Références :

be-x-old: