Apollon

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Apollon (en grec ancien / Apóllôn, en latin Apollo) est le dieu grec de la clarté solaire, de la raison, du chant, de la musique et de la dance. Il est également dieu des purifications et de la guérison, mais peut apporter la peste avec son arc ; enfin, c'est un des principaux dieux capables de divination, consulté, entre autres, à Delphes, où il rendait ses oracles par la Pythie. Il a aussi été honoré par les Romains, qui l'ont adopté très rapidement sans changer son nom. C'est peut-être le dieu qui a le plus été adoré dans toute la mythologie gréco-romaine et l'un des plus complexes à cerner.
 
Il est également connu comme Phbus ou Phébus, « le brillant ». Il est fréquemment représenté avec son arc et ses flèches, ou encore avec une cithare (on le qualifie alors de « citharède »). Il est également appelé « musagète », celui qui conduit les Muses. Le surnom de Loxias, « l'Oblique », lui est également attribué à cause de l'ambiguïté de ses oracles.

Mythe :

Naissance :

Apollon est le fils de Zeus (Jupiter pour les Romains) et d'une Titanide, Léto (Latone pour les Romains)Déjà chez , I, 9 et , 918-920.. Il a pour sur Artémis (Diane pour les Romains).
 
Sa naissance est contée en détail dans lHymne homérique à Apollon délien à Apollon délien, 25-39. : sur le point d'enfanter, Léto parcourt la mer Égée, cherchant un asile pour son fils. Pleines de terreur (on ne précise pas pourquoi), les endroits refusent l'un après l'autre d'accueillir Apollon. Léto gagne finalement l'île de Délos, qui refuse d'abord, de peur que le lieu ne la méprise ensuite pour son caractère inhospitalier. Léto jure par le Styx que son fils y bâtira son temple et l'île accepte aussitôt.
 
Toutes les déesses, dont Dioné, Rhéa, Thémis et Amphitrite, viennent assister Léto pendant sa délivrance. Par jalousie, Héra ne prévient pas Ilithyie, déesse des accouchements, qui reste sur l'Olympe. Après neuf jours et neuf nuits, les déesses ordonnent à Iris, messagère des dieux, de prévenir Ilithyie et de lui remettre un collier d'or pour la faire venir. Dès que celle-ci arrive à Délos, Léto étreint un palmier qui deviendra sacré et donne naissance à Apollon, à qui Thémis offre le nectar et l'ambroisie. Dans l'hymne homérique, Artémis ne naît pas en même temps que son frère, mais à OrtygieHymne à Apollon délien, 15-16. nom qui désigne peut-être l'emplacement du temple d'Artémis à ÉphèseJean Humbert, édition des Hymnes d'Homère aux éditions des Belles Lettres, 2004 (1 édition 1936), p. 78, n. 2.. Dès sa naissance, Apollon manifeste sa puissance d'immortel ; il réclame ses attributs, la lyre et l'arc, et affirme ses pouvoirs de prophétie.
 
Chez Pindare, Artémis et Apollon naissent, jumeaux, à DélosFragment du péan XII = 52m SM.. Délos est une île errante avant l'arrivée de Léto ; après la délivrance d'Apollon, quatre colonnes surgissent du fond de la mer et viennent l'ancrer solidementFragment de l'hymne I = 33d SM.. Chez Hygin, le serpent Python prédit sa propre mort des mains d'Apollon et poursuit Léto enceinte pour l'empêcher d'accoucher, CXL.. Parallèlement, Héra décrète qu'aucune terre sous le soleil ne pourra accueillir Léto. Zeus demande donc à Borée, le vent du Nord, d'amener Léto à Poséidon. Ce dernier installe la parturiente sur l'île d'Ortygie, qu'il recouvre sous les eaux. Python finit par abandonner ses recherches et Léto peut accoucher. Aussitôt, Poséidon fait sortir des eaux Ortygie qui prend le nom de Délos, « la visible ». Enfin, on trouve chez Apollodore l'idée qu'Artémis naît la première et sert de sage-femme à Léto pour la naissance de son frère, I, 4, 1..

L'arrivée à Delphes :

Les premiers exploits du dieu sont décrits dans lHymne homérique à Apollon pythien. À la recherche d'un lieu où fonder son oracle, Apollon s'arrête d'abord à la source Telphouse, près de l'Hélicon. Ne souhaitant pas partager le lieu avec quiconque, elle lui suggère d'aller plutôt à Crisa, près de Delphes. Là, Apollon établit son temple, après avoir tué le serpent femelle, la / drákayna, enfant de Gaïa, qui garde les lieux. La dépouille du serpent reçoit le nom de / Puth, « la pourrissante » (de , pourrir) et Apollon prend le titre de Pythien. En colère contre Telphouse, Apollon rebrousse chemin et ensevelit la source sous une pluie de pierre. Il bâtit un sanctuaire à sa place et prend le nom de Telphousien. Le dieu cherche ensuite un moyen de faire venir des prêtres à son temple pythien. Il aperçoit alors un navire de Crétois voguant vers Pylos. Prenant la forme d'un dauphin ( / delphís), il les mène jusqu'à Crisa. Il se transforme ensuite en jeune homme et conduit les Crétois jusqu'au sanctuaire dont ils deviendront les desservants. Crisa prend alors le nom de Delphes ( / Delphoí).
 
L'arrivée à Delphes fait l'objet de variantes. Chez Pindare, le dieu prend contrôle du lieu par la force (on ne précise pas comment), ce qui pousse Gaïa à vouloir le jeter au TartarePindare, frag. 55 SM.. D'autres auteurs mentionnent également les répercussions du meurtre de Python : chez Plutarque, Apollon doit se purifier dans les eaux du Tempé, 293c, 421c.. Chez Euripide, Léto amène Apollon à Delphes où il tue le serpent Python. En colère, Gaïa envoie aux hommes des rêves prophétiques. Apollon se plaint de cette concurrence déloyale à Zeus, qui met fin aux rêves, 1239-1283.. Chez Hygin, Apollon tue Python pour venger sa mère, que le serpent a poursuivi pendant sa grossesse.
 
Dans d'autres traditions, la prise de Delphes est pacifique. Ainsi, chez Eschyle, Gaïa donne l'endroit à sa fille Thémis, laquelle le donne à son tour à sa sur Phbé, qui le remet ensuite à Apollon, 1-8.. Chez Aristonoos, Apollon est conduit à Delphes par Athéna et persuade Gaïa de lui donner le sanctuaireAristonoos, péan à Apollon, 17-24..

Amours :

Apollon, par sa grande beauté, ne manqua pas d'éveiller la passion dans les curs des jeunes grecques, des nymphes de l'Olympe, et des jeunes bergers d'Arcadie. Ainsi, de la nymphe Psamathée, on lui attribue la paternité de Phocos, et du musicien Linos.
 
De la nymphe Cyrène, il eut un fils, Aristée. Il enleva d'ailleurs Cyrène et la conduisit en Afrique dans la région qui prit le nom de Cyrénaïque. Il épousa la nymphe Coronis, avec qui il eut pour fils le dieu Asclépios. Néanmoins, ayant appris que sa femme avait eu une liaison avec un mortel, il la fit brûler sur un bûcher.
 
Il épousa en secondes noces la muse Calliope, pourtant femme du roi de Thrace agre. Il lui donna trois fils : Hymenoes, dieu des mariages, Orphée, musicien talentueux aux nombreux exploits, et Ialenos.
 
Il eut aussi des liaisons extraconjugales avec Créüse, princesse athénienne ,fille du roi Ector, avec qui elle eut Ion, avec Idothée dont il eut un fils Eusinos, avec Thya, dont il eu Delphos, et avec les jeunes garçons Cyparisse et Hyacinthe. Selon Pseudo-Apollodore, il serait aussi tombé amoureux de Cassandre (mythologie) et il eut, avec cette dernière, un fils du nom de Troïlos.

Origines :

Une divinité asiatique ? :

La thèse d'une origine asiatique d'Apollon et d'Artémis a été soutenue, plutôt au début du , par des grands noms de lhellénisme tels que Martin Persson Nilsson en 1911 ou Ulrich von Wilamowitz-Moellendorff en 1903. Pour les Grecs « asiatique » signifiait « d'Asie Mineure ». Le nom même de Léto pourrait venir du lycien, un dialecte indo-européen parlé autrefois en Anatolie, et signifierait, sous la forme Lada, « femme ». L'une des épiclèses d'Apollon, Apollon Lycien, conforte cette hypothèse. De même, l'arme d'Apollon et de sa jumelle, l'arc, n'est pas grec mais barbare (au sens grec : tous les peuples qui ne parlent pas le grec) ; il porte de plus, comme sa sur, non pas des sandales, à l'instar des autres dieux, mais des bottines, type de chaussure considérée comme asiatique par les Anciens. En outre, il est, dans l'Iliade d'Homère, du côté des Troyens, peuple asiatique, et le rejet que subit Léto, que nulle terre grecque n'accepte, conforterait l'idée d'un dieu étranger. C'est paradoxalement peut-être le dieu le plus grec de tous, et son adoption rapide par les peuples hellènes a vite dissimulé ses origines lointaines.
 
Il est aussi possible que ses origines remontent au peuple dorien du Péloponnèse, lequel honorait un dieu nommé / Apéllôn, protecteur des troupeaux et des communautés humaines ; il semblerait que le terme vienne d'un mot dorien, / apélla, signifiant « bergerie » ou « assemblée ». L'Apellon dorien serait une figure syncrétique de plusieurs divinités locales pré-grecques, de même que l'Apollon grec est la fusion de plusieurs modèles, dont Apollon ; il est d'ailleurs remarquable que son épithète de Lycien puisse être comprise comme « qui vient de Lycie » ou « qui protège des loups », c'est-à-dire que les deux origines, l'une asiatique et l'autre dorienne, se confirment en un seul terme.
 
Lorsque son culte s'introduit en Grèce, il est déjà honoré par d'autres peuples pré-hellènes, ce que l'Hymne homérique qui lui est destiné indique en signalant que les Crétois étaient ses premiers prêtres. Son premier lieu de culte est bien sûr Délos, capitale religieuse des Ioniens ; c'est sous Périclès, au , que l'île passe aux mains des Athéniens, qui confortent son caractère de sanctuaire inviolable en y faisant interdire toute naissance et toute mort. Le culte d'Apollon s'était entre-temps répandu partout dans le monde Antique, de l'Asie Mineure (le sanctuaire de Didymes, près de Milet, en porte la trace flagrante : c'est l'un des plus grands temples jamais bâtis dans la zone méditerranéenne) à la Syrie, sans parler des innombrables temples qui lui sont dédiés en Grèce même.

Une divinité gréco-celtique :

Au rebours de la thèse traditionnelle, Bernard Sergent, spécialiste de mythologie comparée, s'attache à montrer dans Le livre des dieux. Celtes et Grecs, II (Payot, 2004) l'identité d'Apollon et du dieu celtique Lug. Pour lui, le dieu n'est pas asiatique mais gréco-celtique, et par-delà, indo-européen. Il remonte au moins à la séparation des ancêtres des Celtes et des Grecs, au , et il est arrivé « tout d'un bloc » en Grèce : ce n'est pas une divinité composite. Il possède des homologues en domaine germanique (Wotan) ou indien (Varuna).
 
Apollon serait la version divine du roi humain. Les poèmes homériques lui donnent systématiquement l'épithète anax, qui remonte à la désignation mycénienne du roi, wanax. Or le roi indo-européen est rattaché aux trois fonctions définies par Georges Dumézil, d'où la complexité dApollon : il remplit toutes les fonctions que puisse avoir un dieu. La définition de Lug donnée par C.-J. Guyonvarc'h et F. Le Roux peut aussi bien s'appliquer à lui : il est « tous les dieux résumés en un seul théonyme ».
 
B. Sergent compare une à une toutes les caractéristiques connues de Lug et d'Apollon et relève de nombreux points communs : ce sont des dieux lumineux, jeunes, beaux, grands, mais parfois polycéphales et hermaphrodites, pratiquant des épiphanies, des rapides disposant d'une puissance foudroyante, de très grands « druides », des guerriers, des protecteurs des troupeaux, des maîtres des moissons, associés aux arbres, des maîtres du temps, des médecins, les maîtres des fondations, les responsables des défrichements et des chemins, les protecteurs des assemblées, les maîtres des initiations, des méchants, des rusés, des maîtres des techniques, des maîtres tout court, des dieux des hauts lieux et des grosses pierres.
 
Leurs attributs communs sont l'arme de jet, l'instrument à cordes, le corbeau, le roitelet, « l'aigle pourri », le cygne, le coq, le héron et la grue, le chien et le loup, le cerf, le sanglier, le serpent et la tortue, l'ours, le dauphin, le phoque, le poisson, le cheval, la pomme et la branche nourricière, les nombres trois, sept et neuf, la danse en rond sur un pied, la pourriture.
 
Ils sont également rattachés à des mythes communs, tels que la naissance, le meurtre des géants borgnes, la succession de Terre (Gaïa ou Thémis en Grèce, Tailtiu en Irlande) ou la fondation de jeux.
 
Par ailleurs, selon B. Sergent, le culte d'Apollon ne s'est fixé en Lycie qu'au . Auparavant, les Grecs ont pu faire des « jeux de mots » entre le nom de la Lycie (Lukia en grec) et les épithètes Lukeios, Lukios, Lukêgenès d'Apollon, qui se rapportent au loup (lukos), l'un des attributs d'Apollon, ou à la lumière (lukê). Il serait Lukê-genès, comme le dit l'Iliade, parce qu'il serait « né de la lumière » et non pas « né en Lycie ».
 
C'est surtout à Delphes que le caractère complexe du dieu se révèle, dans son rôle d'inspirateur de la Pythie et des hommes, qu'il révèle à soi.

Le dieu-loup ? :

Dans Apollo the Wolf-godJournal of Indo-European Studies, vol. 8, 1991, , Daniel E. Gershenson voit en Apollon un dieu dorigine indo-européenne, dont les attributs principaux seraient rassemblés dans lexpression Apollon dieu-loup. Cet auteur sinscrit dans la lignée des travaux de Louis Gernet Dolon le loup et de Henri Jeanmaire Couroï et Courètes.
 
Par là, il faut entendre non pas le culte de lanimal en lui-même, mais de son symbolisme de loup mythique, lequel nest autre que le vent considéré tant par ses vertus bénéfiques que destructrices. Les vents, comme Zéphyr le vent-loup, peuvent être favorables aux semences, mais sont aussi tenus pour issus des cavernes et cette origine souterraine les mets en relation avec les Enfers. Le vent est ainsi le passage entre le chaos et le cosmos.
 
Ceci explique le rôle de la divinité comme tuteur des éphèbes, de jeunes guerriers qui accomplissent leur initiation dadultes, sa fonction de protecteur du grain semé et enfin sa qualité de dieu de la prophétie qui révèle les mystères et initie les musiciens et les poètes. Le Lycée ( / Lykeion) rendu célèbre par Aristote est placé dans un gymnase jouxtant le temple dApollon Lykeios. Apollon Lykeios, le dieu-loup, serait le maître des passages, dieu qui transforme les forces chaotiques des confréries de loups-garous de ladolescence vers lâge adulte, qui dévoile par la prophétie ou la Pythie le monde caché vers le découvert.
 
Gershenson présente de nombreux témoignages dans le monde européen qui pourraient montrer que ce dieu-loup et dieu-vent remonte à une période antérieure à la séparation des peuples européens qui ont pénétré en Europe centrale et méridionale. Ses déductions ont été confirmées plus tard par Bernard Sergent, un auteur qui a notamment souligné le lien d'Apollon avec les loups et son rôle joué dans les initiations, ainsi que son origine indo-européenne. Apollon est particulièrement associé à Borée, le Vent du Nord. Lug, son équivalent celtique, est un « chevaucheur de tempêtes ». Sergent a cependant accusé Gershenson de donner une vision trop réductrice d'Apollon, ce dieu ayant une personnalité beaucoup plus riche que celle décrite dans cette thèse

Synthèse de plusieurs mythologies :

Dans l'Iliade, Apollon est décrit comme un dieu lunaire : son arc est d'argent, couleur liée à la nuit et à la lune. Ensuite, de multiples évolutions l'amèneront à devenir un dieu solaire (son épithète Phbus, la lumière), son arc et ses flèches renvoient d'ailleurs aux rayons solaires. Toujours dans les poèmes homériques, il y est perçu comme un dieu-vengeur, menaçant, porteur de peste. Dans le chant I de l'Iliade, ses surnoms sont les suivants : toxophore, Seigneur archer, argyrotoxos, à l'arc d'argent, etc. Cette attitude vengeresse est accompagné de traits de caractère belliqueux : Homère l'y décrit comme un dieu orgueilleux, emporté par ses sentiments et par la violence. Rappelons que les poèmes Homériques (L'Iliade) écrits dans le IXe siècle avant Jésus-Christ narrent une histoire antérieure de près de quatre siècles (Troie a été détruite dans les années 1280 ACN). Le dieu Apollon n'a pas encore subi les influences qui l'amèneront à devenir le dieu complexe qu'il est dans la Grèce classique.
 
Également, initialement, Apollon était perçu comme un dieu agraire en tant que dieu-rat, même s'il porte le titre de Smintheus (tueur de souris), montrant là sa capacité à amener une maladie, en l'occurrence la peste, et à la guérir. En outre, Apollon était également doté d'attributions paradoxales telles que "maître des fauves" et "berger".
 
Le Dictionnaire des Symboles, publié chez Robert Laffont, dit de lui : » Réunissant des éléments divers, d'origine nordique, asiatique, égéenne, ce personnage divin devient de plus en plus complexe, synthétisant en lui nombre d'oppositions, qu'il parvient pour finir en un idéal de sagesse, qui définit le miracle grec. Il réalise l'équilibre et l'harmonie des désirs, non en supprimant les pulsions humaines, mais en les orientant vers une spiritualisation progressive, grâce au développement de la conscience ».

Apollon-Phébus :

Apollon est aussi parfois appelé Phébus (ou Phbus, / Phobos, en grec ancien). Les poèmes homériques le nomment souvent « Phébus Apollon ». De fait, certains livres et manuels en concluent bien vite qu'Apollon et Phébus sont les mêmes personnes. Ce n'est qu'à moitié vrai. En réalité, Apollon enfant, très joueur, avait subtilisé les foudres de Zeus et foudroya le char du Soleil. En punition, il reçut la tâche de conduire le char et devenait donc Phébus, le « dieu soleil ». Apollon et Phébus sont donc la même personne, mais ils ne possèdent, en tant que dieux, ni les mêmes attributs, ni le même domaine.

Épiclèses et attributs :

  • Épiclèses :
  • * / hekêbólos, « qui vise loin »,
  • * / hyperbóreos, hyperboréen), « de l'extrême Nord »,
  • * / argyrótoxos, « à l'arc d'argent »,
  • * / hekáergos, « qui repousse au loin », avec ses flèches,
  • * / mousagétês, « conducteur des Muses, musagète »,
  • * / khrusolúrês, « à la lyre d'or »,
  • * / alexíkakos, « qui éloigne le mal »,
  • * / loxías, « l'oblique » (pour Apollon comme dieu des oracles) ;
  • attributs : l'arc, la lyre, la flûte, les cornes de bovidés et le laurier (cf. Daphné) ;
  • animaux favoris : le corbeau, le cygne, le coq, le loup et le serpent ;
  • sanctuaires : Delphes, Délos, Claros, Argos, Thassos ;
  • fêtes qui lui sont consacrées : les Karneia, les Actia.

Apollon dans l'art européen, de l'Antiquité à nos jours :

Apollon dans l'art antique :

  • Apollon de Piombino, conservé au Musée du Louvre ;
  • Grand Apollon doré de Lillebonne, ap. J.-C. (Musée du Louvre).

Renaissance d'Apollon au :

Apollon et l'art de Louis XIV :

  • La galerie d'Apollon, au Louvre, est l'uvre de décorateur et peintre Charles Le Brun. Elle fut continuée par Eugène Delacroix et achevée sous le Second Empire.
  • Dans le château de Versailles, le salon d'Apollon, ou salle de trône, était réservé à la réception des ambassadeurs. Le dieu des arts semblait également patronner les spectacles de danse et de musique qui s'y déroulaient.
  • Les jardins de Versailles offrent de nombreuses représentations du dieu solaire :
  • * Le bassin d'Apollon est situé dans la grande perspective, à proximité du Grand Canal. Une statue monumentale d'Apollon a été réalisée par Tuby. Apollon sort de l'eau conduisant un char tiré par des chevaux (voir photo).
  • * Le bosquet des bains d'Apollon, réalisés au , reprennent le thème du dieu solaire fatigué, entouré de nymphes (voir photo).
  • Peintures :
  • * Apollon et Aurore, Gérard de Lairesse, 1671, Metropolitan Museum of Art, New York.

 
Image:BassinApollon1.jpg|Bassin d'Apollon dans les jardins de Versailles Image:Bainsapollon1.jpg|Bosquet des bains d'Apollon, jardins de Versailles

Sources :

  • (I, 4, 1 ; I, 9, 15 ; II, 5, 9 ; III, 1, 2 ; III, 10, 1 ; III, 12, 5).
  • (VII, 445-452 ; XXI, 435-441).
  • (I, 416 ; III, 534 ; VI, 382 ; X, 106).

Notes :

Références :

  • J. Chevalier et de A. Gheerbant (s. dir.), Dictionnaire des symboles, Mmthes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres, Robert Laffont, Aylesbury, 1990.
  • Georges Dumézil, Apollon sonore et autres essais. 25 esquisses de mythologie, Gallimard, Paris, 1982 et 1987.
  • , p. 87-96.
  • Fritz Graf, Apollo, Routledge, 2008 .

Voir aussi :

Bibliographie complémentaire :

  • Marcel Detienne, Apollon le couteau à la main, Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », Paris, 1998
  • Jean Gagé, Apollon romain : Essai sur le culte d'Apollon et le développement du ritus Græcus à Rome, des origines à Auguste, De Boccard, Paris, 1955.
  • Philippe Monbrun, Les voix d'Apollon : l'arc, la lyre et les oracles, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2007

Liens externes :